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DUNE 2021 | TOUTES VOS VOS IMPRESSIONS [Spoilers autorisés]

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ionah:

--- Citation de: c3rb3ru5 le novembre 03, 2021, 07:13:51 pm --- tonalités froides et les décors d’ambiance cathédrale qu’il juge comme écrasants
--- Fin de citation ---

 à mon humble avis, c'était en effet courru d'avance. Au croisement entre Arrival et BR2049. Il me semble avoir déjà dit cela quelque part... l'art brutal, à mon sens, revêt deux avantages: il contribue à l'effet de "sense of wonder" et il est plus économique.
 
 
--- Citation de: c3rb3ru5 le novembre 03, 2021, 07:13:51 pm --- Difficile d’expliquer que l’humanité n’utilise plus d’ordinateurs et d’IA et en même temps de montrer des vaisseaux spatiaux, des ornithoptères avec une technologie somme toute assez avancée.
--- Fin de citation ---

 quelqu'un sur Internet avait trouvé une formulation assez éloquente "c'est de la SF sans écran". Le grand écart semble périlleux mais pas impossible, dans la version longue du Lynch, il y a un proloque qui explique le Jihad Butlérien, dans le roman, la confrontation initiatique Paul-Mohiam suffit.
 
 

Il Barone:

--- Citation de: c3rb3ru5 le novembre 03, 2021, 07:13:51 pm ---...Il évoque par la suite la notion de messianisme du film qui pourrait être mal interprétées par ceux qui découvrent l’histoire au travers du film. Une fausse idée, selon lui, du sauveur blanc qui viendraient sauver et guider une population d’indigènes.  Ce serait une erreur selon lui car l’œuvre de Frank Herbert est bien plus profonde que ce simple cliché...

--- Fin de citation ---

Merci pour ce beau pavé (jeté dans la mare (ou plutôt dans les sables tambour)).

J'aimerais rebondir sur ce point (en restant toujours dans le cadre du cinéma). Il est indéniable que le film Lawrence d'Arabie sorti peut avant la gestation du roman en 1962 est une des principale source d'inspiration de Frank Herbert. Je ne me rappelle plus à quel moment et dans quelle interview Frank l'a déclaré, mais il serait vraiment très étonnant que les images de ce film ne se soient pas imposée à l'esprit de l'auteur lorsqu'il évoque le désert.

Lawrence d'Arabie, nominé pour dix Oscars en 1963 en a remporté 7 dont celui largement mérité de la meilleure photographie (en couleur, à l'époque le noir et blanc était également récompensé). Son impact sur la culture populaire a été absolument énorme et c'est également l'archétype au cinéma du sauveur blanc qui vient à la rescousse des indigènes. Même si l'histoire de Lawrence d'Arabie n'est pas aussi simpliste.

Sachant cela, peut-on accuser Frank Herbert de pensée suprémaciste ?

Pas vraiment, à l'image de la fameuse bible catholique orange, l'humanité de DUNE est un mélange de diverses ethnies, cultures et croyances mélangées (je dirais même brassées) au fil des siècles après son départ du foyer originel dont l'histoire à perdu la localisation. Il n'y a pas de peau blanche, jaune, ou marron dans les écrits de Frank Herbert, même si le programme Bene Gesserit semble faire de l'eugénisme de façon un peu consanguine (mais pas pour faire une sélection présentée comme ethnique). On en sait un peut plus en lisant les pensées de Jessica (toujours dans la fameuse scène de la tente distille :

--- Citer ---Tant de suppositions passées reparaissaient maintenant et se rejoignaient. La fille que désirait le Bene Gesserit... Non pas pour mettre un terme à la vieille haine Atréides-Harkonnens mais pour fixer un facteur génétique. Lequel ? Elle cherchait la réponse, confusément
--- Fin de citation ---


Le propos de Frank Herbert n'était pas celui du colonisateur, ni du suprémaciste. Toujours dans la scène de la tente il explique son propos avec l'analyse de Paul :

--- Citer ---Il demeura silencieux. Graine, il pensait avec cette conscience raciale qu’il avait d’abord ressentie comme un but terrible. Il comprenait qu’il ne pouvait plus haïr le Bene Gesserit, l’Empereur ou même les Harkonnens. Tous, ils obéissaient au besoin de leur race de renouveler son héritage dispersé, de croiser, de mêler les lignées en un immense et nouveau bouillon de gènes. Pour cela, la race ne connaissait qu’une manière, l’ancienne manière, celle qui avait été éprouvée, qui était sûre et qui écrasait tout sur son chemin : le jihad.
--- Fin de citation ---

L'objectif de Paul c'est "la rétribution" (ou le Kanly dans la nouvelle traduction). La vendetta qui permettra à Paul de mener sa vengeance familiale. Les Fremen ne sont que le moyen local de mener cette vengeance à son terme (et même au delà, dans l'arbre des possible qui se présente à lui). Un vengeance que justement ce peuple appelle de ses vœux suite à l'asservissement de leur planète. Toujours aussi shakespearien, Frank sait que cette haine, cette conjonction de volonté va être le moteur d'un conflit absolument dévastateur (et d'une bonne histoire).

Profondément Dawinnien Frank Herbert précise sa pensée en définissant que cette guerre va également être un facteur de la dispersion des caractères génétiques du peuple Fremen au potentiel exceptionnel au sein de l'empire.

Les Fremens seront au final les grand gagnants d'une querelle tout à fait personnelle. On est bien loin du providentiel sauveur blanc imposant sa vision occidentale aux indigènes pour les coloniser.   
 

 

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