Auteur Sujet: La mort d'une ville  (Lu 764 fois)

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La mort d'une ville
« le: juillet 10, 2012, 02:59:40 pm »
Death of a city est une nouvelle très courte écrite par le Maître en 1973 est inédite en France (et publiée dans le Bifrost n°63 dédié à Frank Herbert).
On y suit un Médecin de Ville et sa jeune disciple au chevet de la ville natale de cette dernière. Il s'agira à la fois de "guérir" la ville en question et de permettre à la disciple de passer l'étape fatidique qui lui permettra d'accéder à la fonction de Médecin de Ville à part entière.
Comme je l'ai dit en préambule, cette nouvelle est particulièrement courte. De ce fait, malheureusement pourrait-on dire, Frank Herbert n'a pas la possibilité d'approfondir l'univers qu'il met en place : qu'est-ce qu'un Médecin de Ville? On ne le devine qu'aux détours des détails lâchés dans la nouvelle et qui sont là pour donner une certaine cohérence (un Médecin de Ville est là pour "traiter" une ville "malade", rongée par un "cancer"...).
On aimerait connaître plus en détail le symptôme et plus encore le remède utilisé pour traiter cette ville, là encore, Herbert nous laisse le soin d'imaginer ce qu'il faudrait faire.
Car le propos n'est pas là (ni dans l'histoire d'amour entre les personnages qui arrive sur la fin comme un cheveu sur la soupe). Le propos ici, comme dans Dune ou encore dans le programme Conscience, n'est ni plus ni moins que la survie à long terme de l'espèce humaine. Les Médecins de Ville, à l'image des Soeurs du :bg:, ont pour but : "assurer que l'espèce fait face à l'Infini".
Et pour ça, Herbert n'a pas d'autre solution que la souffrance (comme le sentier d'Or de Leto II ou les conditions de vie rude de Pandore). Un montre trop beau, trop lisse, trop agréable à vivre mènera sans aucun doute à un affaiblissement de l'Homme et à son déclin. De ce fait, quand il n'y a pas de guerres ou autres difficultés, il est nécessaire pour l'homme de s'en créer.
Dans une certaine mélancolie, Herbert nous dit ici que la haine est plus crétrice que l'amour.
L'espace et le temps sont les modes par lesquels nous pensons et non les conditions dans lesquelles nous vivons
Albert Einstein