Auteur Sujet: Le Dragon sous la Mer  (Lu 730 fois)

En ligne Anudar

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Le Dragon sous la Mer
« le: février 03, 2012, 10:49:14 am »



Une nouvelle lecture dans le cadre du Défi Frank Herbert avec ce classique antérieur à Dune.

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Résumé :
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Le futur proche. Les Etats-Unis livrent une guerre d'usure aux Puissances Orientales, un conflit au cours duquel la Grande Bretagne a été atomisée. A présent, le pétrole vient à manquer... La solution, c'est d'aller en voler dans les puits contrôlés par l'ennemi, sur les plateaux continentaux européens. Un travail dangereux, que seule l'élite des sous-mariniers peut réussir. Or, les missions précédentes ont toutes échoué : entre les murs des sous-marins furtifs, les hommes développent des maladies psychiques pouvant les conduire au drame. Ramsey est psychologue. La Marine prend la décision de lui faire rejoindre un équipage afin qu'il puisse lui éviter le pire - et peut-être garantir la sûreté de futures missions... Mais, plongé dans l'un des environnements les plus hostiles qui soit, et pourchassé par un ennemi implacable qui a peut-être bien ses agents à bord, le psychologue ne risque-t-il pas à son tour de sombrer dans la psychose ?
Il s'agit d'un livre à l'ambiance bien claustrophobique. Le sujet, en soi, est déjà un brin casse-gueule : l'équipage du sous-marin fait avancer son navire à la seule oreille et bidouille en permanence pour tromper celle de ses poursuivants. Il faut bien reconnaître que le Maître ne s'est, en plus, pas simplifié la tâche en faisant de son personnage principal un expert en psychologie, et de surcroît, une psychologie assistée par ordinateur, dont le but est de décrypter le fonctionnement du capitaine qui est, à sa façon, un rouage dans la machine. On n'est pas loin, ici, du thème de la machine qui cherche à comprendre une autre machine et donc, peut-être, du Jihad Butlérien évoqué dans Dune. Ce n'est sans doute pas un hasard si ce roman est antérieur de quelques années au chef-d'oeuvre du Maître.

Dans ces fonds marins où la pression menace à tout instant de rompre les parois fragiles du sous-marin, une autre pression s'exerce sur les esprits et menace de les conduire au point de rupture. Frank Herbert y oppose une religiosité qui s'impose d'elle-même, comme par une sorte de loi naturelle : soumis à des forces qui le dépassent, l'être humain peut ne plus avoir foi qu'en une dimension d'ordre supérieur et, en fin de compte, c'est un miracle si le sous-marin revient à bon port... Dans le même temps, le thème de la maternité apparaît bien au-delà de la simple suggestion : le tunnel par lequel le sous-marin est expulsé de sa base est assimilé à une trompe de Fallope et l'océan lui-même à un bain amniotique. Une histoire d'hommes, écrite par un homme, pour des hommes ? Les retrouvailles de Ramsey avec sa femme, à la fin, et d'une façon générale les relations des personnages principaux avec les rares personnages féminins (dont certains ne sont qu'évoqués) apparaissent très peu convaincantes.

Dans ce roman, le Maître montre déjà son goût pour les liaisons dangereuses entre les mystères de l'esprit et les prouesses du corps. Mais, en assimilant d'une façon aussi caricaturale les thèmes de la féminité/maternité à ceux d'un "ailleurs" divin et transcendant, il nous fait un aveu : il n'est pas encore l'auteur de Dune.



« Nos pères et nos mères ont commis l'ubris et ne sont plus,
Et nous portons maintenant le poids de leurs iniquités. »

Anonyme, Péan de l'Intégration.

En ligne Leto

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Re : Le Dragon sous la Mer
« Réponse #1 le: janvier 04, 2017, 01:51:01 pm »
Je viens de le terminer et je vais être beaucoup plus sévère qu'Anudar.... 
Avis général: :cartonrouge: :cartonrouge: :cartonrouge:

Commençons par la traduction: celle de Paul Chwat n'est pas mauvaise, elle est très mauvaise! (Louis de Funès  ;)). Elle est pleine de lourdeur et les auteurs qui ne prennent pas la peine de convertir les mesures dans le système métrique, ça me donne des boutons. :cartonrouge:
L'histoire: le huis-clos n'est pas un style facile. Si vous souhaitez un bon livre sur les sous-marins nucléaires: je vous conseille A la poursuite d'Octobre Rouge de Tom Clancy. Là vous en aurez pour votre argent quant à la pression (et l'oppression) liée à la vie dans un espace aussi clos qu'un sous-marin.
Comme dans plusieurs de ses ouvrages pré-duniens, Herbert tombe dans un des travers de la SF: le jargon pseudo-scientifique. Ce livre est dépassé scientifiquement (notamment sur le nucléaire), ça ne rend pas l'histoire crédible. De la même façon, le scénario est inutilement compliqué. Pourquoi rajouter cette couche sur le Commandant alors que l'espionnage se suffisait à lui-même. :cartonrouge:
Bref, je ne vous le conseille pas.
L'espace et le temps sont les modes par lesquels nous pensons et non les conditions dans lesquelles nous vivons
Albert Einstein