Auteur Sujet: Les yeux d'Heisenberg  (Lu 959 fois)

Hors ligne Seindfu

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Les yeux d'Heisenberg
« le: novembre 22, 2011, 03:59:10 pm »


Les yeux d'Heisenberg, roman paru en 1966, nous emporte dans une société hiérarchisée, contrôlée, sans aucune possibilité de changement. En effet le changement est ce qui pourrait faire tomber les dirigeants de ce monde, appelés les Optimhommes.

Résumé :

Les Optimhommes sont virtuellement immortels : les plus vieux d'entre eux ont 80 000 ans. Par contre, ils sont stériles et doivent éviter les émotions pour préserver leur équilibre enzymatique : ils ne mourront pas, pourvu qu'ils n'aient pas peur de mourir. Alors, ils ne parlent jamais de ces choses-là. Ils ont été jusqu'à développer un régime policier : les gens qui pourraient leur faire peur sont tenus de les adorer. Bref, les Optimhommes, pour être bien sûrs de ne pas vieillir, en sont arrivés à ne pas grandir non plus; leur vie est longue, mais ce n'est pas une vie. Le danger, pour eux, viendra-t-il des Cyborgs ? Produit d'expériences génétiques abandonnées, ceux-ci sont restés en vie au fil des âges. Ils en savent long sur les immortels et ils ont une stratégie : les amener à un état d'excitation tel qu'ils perdront leur équilibre enzymatique. Ce serait la fin de leur vie et de leur pouvoir - au profit, bien sûr, des Cyborgs. Heureusement, il reste encore des humains...

Mon avis :

Après avoir lu destination vide, je dois dire que j'ai été content de revenir sur un sujet plus abordable. Bien que très technique parfois pour ceux qui n'ont aucune connaissance en biologie, ces rares passages ne sont pas d'une grande importance, et l'essence de ces passages est accessible à tous.

Ce roman a mon sens ne traite pas vraiment de l'immortalité en soit, pour moi Franck Herbert utilise plus la pseudo immortalité pour nous faire réfléchir sur le sens de la vie, notion qui lui est très chère. La vie vaut elle la peine d'être vécue, que signifie réellement vivre ?

Il nous démontre encore une fois que l'imprévisibilité et la puissance de la nature humaine reste la plus grande force de cet univers, capable à elle seule de renverser absolument tout, même ce qui semblait si insurmontable.

On sent bien dans ce roman, la notion de courant qu'on retrouve de façon très forte dans Dune, l'histoire avance dans telle direction, prend telle décision, pour arriver à tel point de rupture.

Bref Les yeux d'Heisenberg est un roman profondément herbertien, qui bien qu'un peu surfait, nous fait passer un agréable moment. La comparaison avec le meilleurs des mondes d'Huxley est d'ailleurs assez frappante, comme quoi l'évolution négative d'une société n'a pas tellement de choix possible, les courants d'idées et la nature humaine bien qu'imprévisible reste banale dans la débauche et dans ses excès.
« Modifié: février 17, 2017, 09:42:09 am par Leto »

Hors ligne Leto

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Re : Les yeux d'Heisenberg
« Réponse #1 le: février 17, 2017, 10:16:52 am »
Je viens de le finir.

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Après avoir lu destination vide, je dois dire que j'ai été content de revenir sur un sujet plus abordable. Bien que très technique parfois pour ceux qui n'ont aucune connaissance en biologie, ces rares passages ne sont pas d'une grande importance, et l'essence de ces passages est accessible à tous.
Effectivement, comme tout roman de hard SF les passages techniques ont pris un sacré coup de vieux (surtout lorsqu'on se rappelle ses cours de biologie de lycée) mais, comme le dit Seindfu, ils n'empêchent pas ici la bonne compréhension de l'intrigue (même si tout ce qui est décrit n'est pas/plus juste, ils ne remettent pas en cause le déroulé du livre).
Sorti après Dune, on sent bien qu'Herbert maîtrise mieux son style (par rapport à d'autres romans de hard SF qu'il a écrit et qui pour le coup sont plus indigents).

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Ce roman a mon sens ne traite pas vraiment de l'immortalité en soit, pour moi Franck Herbert utilise plus la pseudo immortalité pour nous faire réfléchir sur le sens de la vie, notion qui lui est très chère. La vie vaut elle la peine d'être vécue, que signifie réellement vivre ?
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Bref Les yeux d'Heisenberg est un roman profondément herbertien, qui bien qu'un peu surfait, nous fait passer un agréable moment. La comparaison avec le meilleurs des mondes d'Huxley est d'ailleurs assez frappante, comme quoi l'évolution négative d'une société n'a pas tellement de choix possible, les courants d'idées et la nature humaine bien qu'imprévisible reste banale dans la débauche et dans ses excès.
Ce roman est un mix de Le meilleur des mondes (Huxley est d'ailleurs mentionné dans Les Yeux, aux côtés de Shakespeare) et de 1984. L'idée de Herbert étant ici de réfléchir au sens de la vie et du contrôle que les hommes et la société veulent exercer à tout moment sur elle: de la naissance (contrôle des naissances, eugénisme) à la mort (à quoi sert d'être Immortel si c'est pour cesser de vivre) en passant par toute la période entre les deux (contrôle des émotions...). Comme le dit Seindfu, on est bien dans un roman herbertien avec ce titre, que je vous conseille.
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