Auteur Sujet: CONCORDANCE Septembre 2008  (Lu 12414 fois)

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CONCORDANCE Septembre 2008
« le: août 29, 2008, 02:07:45 am »
AVERTISSEMENT

Ainsi qu'il est précisé sous le post 1124 du fil "Nous les Membres", les textes qui suivent sont une "réédition" d'interventions publiques sur ce forum réalisées au printemps dernier. J'ai procédé à quelques actualisations, mais pour l'essentiel le texte est resté inchangé. Les textes INÉDITS sont signalés par la mention entre parenthèses de leur DATE de rédaction à la suite des titres particuliers des posts.
 




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SOMMAIRE DU FIL DE DISCUSSION


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AVERTISSEMENT/SOMMAIRE

A . LA PREMIÈRE ESQUISSE DU PROJET

A /01 . Mon parcours, mon rapport au Cycle ...

A /02 . Une passion en commun, plusieurs générations de lecteurs
A /03 . Brian Herbert, Kevin J. Anderson & le danger d'une scission du lectorat
A /04 . L'aventure hollywoodienne ou le mythe littéraire ?

A /05 . Une oeuvre joycienne : la vérité est insaisissable
A /06 . Frank Herbert & McNelly : SF et écriture collective
A /07 . La Dune Encyclopedia comme réponse féconde à la médiocrité

A /08 . L'usurpation & la subversion des Abominations
A /09 . De la Dune Encyclopedia à la Concordance : l'HLP et sa volonté d'imposer un Canon illégitime
A /10 . La fausse Concorde de Brian Herbert

A /11 . J'ai conçu un projet commun avec DAR...mais Gérard Klein m'a devancé...
A /12 . Qu'est-ce que la Concordance ?...et ce qu'elle n'est pas
A /13 . La valeur ajoutée de cet instrument
A /14 . Beaucoup de mots, beaucoup de liaisons insoupçonnées


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A /15 . Plan de travail (phase préparatoire)

A /16 . Une (nouvelle) Typologie Documentaire (Septembre 2008)
A /17 . Instruments, Archives & Assimilés (Septembre 2008)
A /18 . Sources Imprimées & Enregistrements sonores (Septembre 2008)
A /19 . Apocryphes approuvés par FH (Septembre 2008)
A /20 . Autres Apocryphes (conçus du vivant de FH ou posthumes) / (Septembre 2008)
A /21 . Gloses plurielles : des analyse à plusieurs niveaux (Septembre 2008)
A /22 . Des Gloses aux Contextualisations...(Septembre 2008)

A /23 . La Concordance ne se réduit pas à un exercice d'analyse lexicométrique
A /24 . La Concordance, Fabrique d'un savoir en partage
A /25 . Exemples étrangers
A /26 . Exemple fictif (...et drolatique) de ce à quoi pourrait ressembler un article type
A /27 . La Concordance en quelques mots. Lettre à un Rakien


B . CONCORDANCE 2.0 : UN PROJET REPENSÉ & PLUS AMBITIEUX

B /28 . Avertissement concernant cette seconde partie

B /29 . Impasse du littéralisme (1ère partie)


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B /30 . Impasse du littéralisme (2ème partie)
B /31 . Critique historique : une oeuvre inscrite dans son temps (1ère partie)
B /32 . Critique historique : une oeuvre inscrite dans son temps (2ème partie)
B /33 . Illusion de la transparence & distanciation : nécessité de la recherche (1ère partie)
B /34 . Illusion de la transparence & distanciation : nécessité de la recherche (2ème partie)
B /35 . L'EdD & le Cycle : une oeuvre, des lectures (1ère partie)
B /36 . L'EdD & le Cycle : une oeuvre, des lectures (2ème partie)

B /37 . Entre palimpseste & phénoménologie
B /38 . Lectures plurielles ? (1ère partie)
B /39 . Lectures plurielles ? (2ème partie)
B /40 . L'Unique & l'Apocryphe : prendre le lecteur en compte (1ère partie)
B /41 . L'Unique & l'Apocryphe : prendre le lecteur en compte (2ème partie)

B /42 . Lectures d'un Cycle d'images...
B /43 . Du Cycle aux Apocryphes : notre hypothèse de travail (1ère partie)
B /44 . Du Cycle aux Apocryphes : notre hypothèse de travail (2ème partie)


****
B /45 . 1984, le jalon crucial des Deutérocanoniques....

B /46 . Et si nous relisions Kevin J. Anderson ? (1ère partie)
B /47 . Et si nous relisions Kevin J. Anderson ? (2ème partie)
B /48 . Et si nous relisions Kevin J. Anderson ? (3ème partie)

B /49 . Faut-il réhabiliter Lynch ? (1ère partie)
B /50 . Faut-il réhabiliter Lynch ? (2ème partie)
B /51 . Faut-il réhabiliter Lynch ? (3ème partie)

B /52 . Excursus extra-Dunien (Inédit/Septembre 2008)
B /53 . Une quête de sens à approfondir (Inédit/Septembre 2008)


C . DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE (inédit)

C /54 . Exemples récents : où il apparaît qu'en l'espace de 6 mois le projet a bien évolué
C /55 . Exemple plus développé
C /56 . Une nouvelle architecture (post en cours de rédaction)










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« Modifié: septembre 19, 2009, 03:41:33 am par Askaris de Dar »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #1 le: août 29, 2008, 02:28:23 am »

A /2 . UNE PASSION EN COMMUN / PLUSIEURS GÉNÉRATIONS DE LECTEURS


Mon propre chemin m'apparaît comme illustratif de toute une partie du lectorat rakien.

Je dis lectorat, mais je n'ignore pas tous ceux venus au Cycle par l'intermédiaire de l'imagerie lynchéenne ou par l'entremise de l'univers des jeux de rôle et du jeu vidéo. Leurs parcours sont aussi légitimes que les expériences plus littéraires. Ils témoignent d'une seconde vie, certes apocryphe, du Cycle. Mais faut-il s'en chagriner ? Chaque génération de rakiens, depuis 1963, s'est initiée au Cycle en développant son propre parcours "médiatique". Ceux qui ont lu le Cycle avant l'adaptation de Lynch ont légitimement été déçus. Mais ceux qui ont fait le chemin inverse (mon cas encore) gardent de Lynch certaines évocations inoubliables, tout en étant conscients de ses limites. Je ne parlerais pas de la génération "jeux",n'ayant pas vécu son parcours, mais à lire les jeunes rakiens de 20 ans je perçois combien ils sont sensibles à la beauté des images, sans pour autant rien concéder en termes de qualité littéraire.

Cette diversité des parcours et des "cultures" est une richesse insoupçonnée de l'univers herbertien. La confrontation des lectures et des sensibilités constitue un creuset rare d'expérimentation littéraire réussie bien au-delà des cercles habituels du lectorat universitaire ou de ce qu'on appelle prétentieusement "public cultivé".En dehors de l'attraction sentimentale qui peut lier tout lecteur à une oeuvre, la défense d'une "culture" commune, la sauvegarde d'un espace d'échanges qui s'affranchit des frontières sociales et se moque des "fractures" générationnelles, n'est-ce pas là des motifs suffisants pour justifier l'existence d'un lieu tel que DAR ?

Mais la menace de l'incompréhension entre les générations demeure. Elle est même depuis quelques années relayée par l'entreprise pernicieuse de la clique de BH/KJA. À terme semble se profiler un vaste dévoiement de l'Oeuvre du Maître : en d'autres termes, l'étouffement programmé du Cycle...
« Modifié: septembre 01, 2008, 10:07:41 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #2 le: août 29, 2008, 02:34:43 am »

A /3 . BRIAN HERBERT , KEVIN J.ANDERSON & LE DANGER D'UNE SCISSION DU LECTORAT


Le Cycle ne peut disparaître, mais je crains qu'il ne soit un jour à ce point noyé dans la masse de ses apocryphes qu'il en vienne à perdre son extraordinaire unicité.

Et si dénaturer une oeuvre devait aussi signifier sa disparition...

Si certaines oeuvres échappent à la vulgarisation, par l'hermétisme de leur écriture ou la puissance évocatrice des mythes littéraires qu'elles véhiculent, combien se sont vues dévoyées au point d'être reléguées dans la cave des accessoires paralittéraires, uniquement bonnes à nourrir de pathétiques nanars hollywoodiens ? Qui se souvient des origines victoriennes de Frankenstein et de la subversion sociale et métaphysique de son écriture ? C'est à peine si on se souvient que le Portrait de Dorian Gray est un peu plus qu'un conte fantastique autour d'un miroir...Il y aurait tant à dire du discrédit qu'ont eu à subir les premiers maîtres de la SF ou le très important courant gothisant du 19ème siècle dont il ne nous est resté que le seul Bram Stoker...

Le mal que nous font les Abominations

Oh,je n'appartiens pas à ces pleureuses qui maudissent leurs contemporains.Qu'on ne se méprenne pas sur mes intentions. Mais faut-il que je sois taxé de "talifanisme" ou d' "ortho-canoniste" quand je m'inquiète (avec bien des Rakiens) face à l'influence délétère des Abominations (BH/KJA) sur la compréhension que peut avoir du Cycle certains de nos nouveaux acolytes ? Je ne pense pas, en disant cela, crier inutilement au loup. Je n'ai rien d'une Cassandre. Et pour s'en convaincre j'invite les sceptiques à se rendre sur le site de wikipedia où ils auront tout loisir de constater combien BH/KJA ont réussi à pervertir un jeune public encore crédule.
« Modifié: septembre 01, 2008, 10:06:40 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #3 le: août 29, 2008, 02:39:07 am »

A /4 . L'AVENTURE HOLLYWOODIENNE OU LE MYTHE LITTÉRAIRE ?


Le chemin de la facilité et le sentier du mythe

Plus qu'une captation d'héritage, BH/KJA représente la facilité, le chemin vulgaire et obscur de l'hebertianisme. Pourquoi se fatiguer à déchiffrer le vieux Corpus du Cycle, plein d'allusions hermétiques et de références inaccessibles ? Pourquoi ? N'est-il pas plus confortable de se laisser griser par le doux refrain, si familier et si connu, d'un scénario hollywoodien ? Après tout, rien ne manque : des personnages à foison, des rebondissements, de l'exotisme, bref, de l'entertainment ! Pourquoi respecter une Oeuvre dont le style comme le fond sont une invitation exigente à dépasser les facilités de nos habitudes soit-disant littéraires  et de ces préjugés crasses que nous osons appeler avec impudence "idées"?

Oui, l'oeuvre de Frank Herbert, notre Maître d'outre-tombe, dépasse de loin le véhicule populaire de la SF. Là encore, aucun mépris pour cette "paralittérature". Tout au contraire ! Car en endossant la forme de cette littérature ouverte à un vaste lectorat, Herbert comme d'autres figures héroïques de la SF, s'est hissé au niveau du mythe. Une vision qui, à l'instar de l'Épopée de Gilgamesh, des Sagas scandinaves, de la Bhagavad-Gîtâ ou de nos modernes contre-utopies (Swift,Voltaire,Joyce,Orwell...) ne vise rien moins qu'à nous émanciper de nous-mêmes en nous offrant un miroir décentré de notre tragique condition humaine .

Une Geste insaisissable : la dialectique infernale du drame et du conte philosophique

Le Dormeur doit s'éveiller... Au risque de sombrer dans le sommeil de la Raison ! Dénonciation d'un présent, prescience d'un avenir ? Le Cycle offre à notre regard un monde où la parenthèse individualiste et libérale de notre actuel Occident s'est brutalement refermée, laissant un monde chaotique et rétif à toute philosophie de l'Histoire (et de sa Fin !). Exit la téléologie du progrès, l'histoire cyclique semble avoir fait son retour même si dans leur théâtre de marionnettes les pantins féodaux du Space Opera  pensent avoir compris les plans dans les plans  d'un futur qui se refuse à leurs esprits étroits. Immensité pascalienne de l'espace, pesanteur d'une Histoire qu'on se joue à réécrire, faute de l' influencer. Devant l'impérieuse Foi de masses travaillées dans les profondeurs de leur psyché collective par des siècles de manipulations, les programmes génétiques millénaires d'institutions aussi grégaires qu'une fourmilière, de quoi pèse l'individu ? Bien peu apparemment ! Pourtant, dans le délice d'une pomme croquée, d'une boîte ouverte ou pour l'amour d'un Duc, la contingence des passions a vite fait de nous rappeler le caractère imprévisible des sentiers "humains"...

« Modifié: septembre 01, 2008, 10:05:46 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #4 le: août 29, 2008, 02:44:55 am »
A /5 . UNE OEUVRE JOYCIENNE : LA VÉRITÉ EST INSAISISSABLE


Histoire et...histoires : une question de point de vue

Insaisissable Frank Herbert, comme la Vie ! Entre le grand-guignol féodal (moqué par Lynch) et les vastes abstractions sur l'avenir du genre humain, l'Oeuvre balance, insiste sur l'un puis l'autre, refuse de s'abandonner à un froid déterminisme sans pour autant se montrer dupe de l'illusoire liberté des sujets. Quelle farce que le Roman ! Illusoire empathie avec le "Héros" ! Tout n'est que point de vue. La vérité n'est pas là où on l'attend. Elle réside souvent dans le faux, l'illusion, l'aveuglement,le parti pris.Le chemin, les médias, les sources pour y accéder mentent tous. Mais pourvu qu'on le comprenne !

Intertextualité,nature de la vérité et écriture collective: une leçon magistrale !

J'ai récemment lu un long article, consacré à la place des historiens dans le Cycle, rédigé par un doctorant en philosophie. Magistrale démonstration ,à laquelle il manquait cependant l'essentiel : une critique externe, c'est-à-dire historique, des références qui ont inspiré à Herbert ses figures d'historiens et la place stratégique que les épigraphes devaient tenir dans son texte. On a récemment montré combien les dispositifs formels, tels qu'un appareil critique infrapaginal, des tables statistiques, des appendices documentaires...offraient à un auteur le décorum de l'autorité face à son auditoire : L'Art d'avoir toujours raison de Schopenhauer.

Chez Herbert l'intertextualité semble jouer le double rôle de caution renforçant l'illusion de réel, mais paradoxalement sert également ,par la multiplicité des points de vue engagés, une vision distanciée des événements qui nous retient de tomber totalement dans la rêverie du récit. Les plans dans les plans. Herbert nous met en garde contre son récit. Il s'agit toujours de "points de vue". Ce qui paraîtra incohérence,ici ou là, n'est que le fruit des inévitables distorsions d'un récit à plusieurs voix. Ce scepticisme historique, quasi-pyrrhonien, devant nous renvoyer au seul ordre d'intelligibilité encore légitime : le monde des idées. Mémoire seconde, prescience, Herbert interroge en nominaliste forcené le bel ordonnancement de nos moeurs, de notre causalisme de bazar, l'imaginaire fainéant incapable de penser l'Autre. Utopie et Uchronie, le Cycle vise à nous donner une "insaisissable"(Klein) leçon. Les idées emportent le style, le style emporte l'action.

Les dominicains avaient conceptualisé l'idée que la vérité ne tenait pas dans la vraisemblance d'un récit mais dans sa destination. La Legenda Aurea de J.de Voragine se proposait moins de retracer fidèlement la biographie des saints qu'elle recensait que d'édifier un auditoire appelé à imiter ces modèles de vie chrétienne. Peut importe, dans ces conditions, le copyright et les droits d'auteurs. Le concept même, selon B. Guénée, n'existait pas alors. Toute oeuvre pie, dans la mesure où l'esprit apologétique était maintenu, pouvait recevoir annotations, interpolations,corrections...jusqu'à être attribuée à un auteur ancien(pseudépigraphe) dont on recherchait l'autorité. Abréviateurs,continuateurs,glossateurs,annalistes et autres compilateurs furent longtemps la norme avant que ne s'impose l'idée de l'unicité des oeuvres. Soyons néanmoins reconnaissant à ces derniers d'avoir ainsi sauvé l'immense patrimoine littéraire venu de l'Antiquité.  FH n'est-il pas leur digne héritier ?
« Modifié: septembre 01, 2008, 10:04:57 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #5 le: août 29, 2008, 02:53:35 am »
A /6 . FRANK HERBERT & McNELLY : SF ET ÉCRITURE COLLECTIVE


Du coup, je ne puis m'empêcher de sourire quand je lis certains commentaires furieux, indignés que le Maître ait pu donner son imprimatur à la DE de McNelly. Il faut voir avec quelle énergie les Abominations se sont échinées à discréditer la DE en lui contestant toute "canonicité" au prétexte que F.Herbert s'était gardé des marges de liberté en évoquant la possibilité, pour lui, de s'en affranchir lors de la rédaction de ses derniers opus.
C'était là, bien sûr, ne rien comprendre au Cycle. Irulan et l'Almanak en-Ashraf n'ont pas le même point de vue, on l'a déjà dit.Le Cycle est une invitation au dialogue, à l'invention, à la vitalité d'une écriture collective, pourvu que l'esprit en soit respecté comme les continuateurs anonymes du Moyen Age glosant avec une même fidélité à l'Esprit, mais peu précautionneux de la lettre des Vies de Saints qu'ils recopiaient.
On trouvera des incohérences dans la DE, mais n'en trouve-t-on pas dans le Cycle ? Aux exégètes que nous sommes echoit la noble tâche d'en repérer les manifestations, de mettre les sources du Canon en parallèle et le cas échéant de s'autoriser une interprétation.

La conservation n'est pas un repli sectaire, c'est au contraire la condition d'une intense création collective ! C'est ce sérieux et cette fidélité dans l' "Invention" littéraire (au sens médiéval de "découverte archéologique" !),que F.Herbert avait voulu reconnaître, non sans malice...


Le Maître disparu, qui délivrera son imprimatur ?Qui maintiendra l'unité d'un imaginaire menacé de charcutage ?Faut-il se résigner à ce que le surgissement collectif appelé de ses voeux par F.Herbert soit l'otage des combinazione d'un vulgaire exécuteur testamentaire ?
3 solutions s'offrent à nous : clore l'exégèse et rejeter toute innovation, faire confiance au temps et à la "sagesse" du lectorat ou reprendre l'initiative en se plaçant sur le terrain même de l'Adversaire : offrir les instruments d'un imaginaire de rechange à tous ceux qui voudront bien résister !
« Modifié: septembre 01, 2008, 10:04:02 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #6 le: août 29, 2008, 02:59:09 am »
A /7 . LA DUNE ENCYCLOPEDIA COMME RÉPONSE FÉCONDE À LA MÉDIOCRITÉ


Alors, quel était l'objet de ma démonstration précédente ? En soulignant la relativité du concept de "Canon", en raison même des conceptions particulières qui animaient l'écriture du Maître, dévoiler par contraste la forfaiture de BH.
Montrer que chez ce dernier sa contestation de la légitimité de la DE témoignait d'un mépris pour les fans en contradiction avec la pratique d'un Frank Herbert dont ses biographes ont souligné l'intimité avec McNelly et tous les lecteurs qui durant 23 ans accompagnèrent sa carrière d'auteur...

Exciper d'une soit-disant "préséance" liée au hasard des gènes pour imposer un "Canon" arbitraire était finalement dérisoire au regard d'un héritage moral dont nous sommes, Nous Rakiens, des testataires aussi légitimes, sinon plus, que l'abominable clique...

Partant de ce constat ,j'en reviens à la conclusion de mon dernier post :

que faire ?

Comme pour toute oeuvre collective, certains duniens anglophones imaginent que le temps fera son tri, l'ivraie abominable tombant dans l'oubli éternel qui ne manquera pas de frapper cette sci-fi de bas étage. À l'appui de leur "prescience", ils rappellent, non sans finesse, le sort de la mauvaise littérature arthurienne : qui se souvient de l'Historia politiquement téléguidée de G. de Monmouth ? Personne, ou presque. Mais son contemporain, Chrétien de Troyes, a marqué de son sceau le légendaire du Graal d'une manière inoubliable...

Sans doute, sans doute ! Mais nous ne serons plus là quand les archéologues de Céres retrouveront un obscur manuscrit des Abominations depuis longtemps jeté dans les oubliettes de l'Histoire littéraire...!

Faut-il alors nous répandre en pleurs sur le Net, appelant de nos voeux un Kwisat qui nous délivrera de cette maudite engeance ? Ou nous enfermer dans un brillant isolement, bravant de nos anathèmes ou de nos lazzis(tel SandChigger) le Tyran à deux têtes ? Allons nous attendre que le bras secourable d'un Faydakin nous en débarrasse, ou que la mort noire ne finisse par les prendre ? Mais qu'on ne s'y trompe pas, la relève cognatique est déjà assurée. Le cauchemar est donc voué à durer !

De la défense de la DE au refus des prétentions de BH

Je veux rendre hommage ici aux HÉROS qui ont oeuvré, avec humilité et rigueur, à la traduction de la DE. Pour le "talifan"que je suis (Oui, revendiquont ces insultes,elles nous rappelleront combien les Abominations nous sont odieuses), aucun mot ne sera assez fort pour leur exprimer ma gratitude. Le seul moyen de les remercier c'est de se mettre au charbon (et je viens de me mettre en relation avec l'un des maîtres d'oeuvre de ce projet). Aussi j'invite tous ceux qui n'auraient pas encore proposé leurs services à le faire. ;)

Mais un nouveau champ de bataille semble se profiler à l'horizon.
« Modifié: septembre 01, 2008, 10:02:33 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #7 le: août 29, 2008, 03:10:24 am »
A /8 . L'USURPATION & LA SUBVERSION DES ABOMINATIONS


D'où vient la grande colère qui nous anime à la lecture des Abominations ? L'inconsistance des caractères, le goût vulgaire de l'anecdote bavarde, les rebondissements dramatiques de série Z qui ne suffisent pas à sauver un mauvais pastiche digne d'un scénariste d'Hollywood...(oups, c'est le cas !) ?
Non, si ce n'était que cela Brian Herbert ne serait qu'un nouveau specimen d'épigone raté à l'oedipe en mal de revanche devant l'ombre du père... Non, BH ne s'est pas contenté de défigurer le monument légué par le Maître. Il lui a infligé la trahison la plus infâme qui soit : il s'en est déclaré le dépositaire !

Charmante attention filiale s'il s'était inspiré des héritiers Tolkien, pieux conservateurs du travail de leur aïeul...

Mais non content d'écrire un mauvais brouet, il a littéralement travesti le Cycle en lui faisant chausser les semelles de plomb de ses préquelles et séquelles.Terrible encadrement en vérité, dont il ne faut pas mésestimer l'impact ! Or, de cette prose boursouflée, vendue à grands renforts de publicité à un public crédule, quelle impression domine, sinon la rumeur pernicieuse que c'était là l'oeuvre fidèle d'un fils aimant,la suite logique des prodromes paternels dont elle aurait d'ailleurs fait utilement justice des "obscurités" antérieures ?

Notre juste courroux vient de cette prétention à incarner un héritage qu'il brutalise sciemment. Or ne se répand il pas en vitupérations assassines, outré qu'on lui conteste son légitime hoir ? Ne se proclame-t-il pas à lui tout seul "concile oecuménique",seul habilité à décider de ce qui est "Canon" ou non ? Et graal suprême en sa possession ,les fameuses "Notes" secrètes du Maître ne valident-elles pas son magistère autoproclamé ? L'ennui avec ce plagiaire des méthodes vaticanes, c'est qu'il ne manque pas d'herbertiens critiques décidés à le confondre, lui et sa fausse donation de Constantin...Aussi, de promesses en annonces, de reniements en anathèmes,il fait patienter le chalant, lui promettant une Édition qui ne verra jamais le jour. Alors qu'au même moment les archives Tolkien débordent de chercheurs...

« Modifié: septembre 01, 2008, 10:01:13 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #8 le: août 29, 2008, 03:15:28 am »
A /9 . DE LA DUNE ENCYCLOPEDIA À LA CONCORDANCE : L'HLP ET SA VOLONTÉ D'IMPOSER UN CANON ILLÉGITIME


Mais dans son pathétique plaidoyer pour nous convaincre de sa légitimité (preuve, cher Filo, de l'impact de la guérilla conduite par nos frères américains), voilà qu'il agite l'existence d'une monumentale Concordance, établie par ses soins, qui témoignerait de son respect scrupuleux de l'Oeuvre du Maître et de la parfaite continuité entre le Cycle et les Abominations !

N'en pouvant plus d'indignation, et soucieux de convaincre mon...mes lecteur(s), je cite brièvement le félon :

BRIAN HERBERT (JANUARY MAGAZINE) :
"I spent a year after Kevin and I started working together doing a concordance of all six Dune books. So we have an encyclopedic reference. We know what page number Duke Leto's eyes are described on. I have 50 or 60 pages single spaced just on the Bene Gesserit sisterhood. We know all the details. So it really is a Dune book because we really put a lot of work into it before we wrote one word [...]"

BRIAN HERBERT (DUNENOVELS.COM) :
"Before writing a detailed outline, we set to work rereading all six Dune books my father had written, and I took it upon myself to begin assembling a massive Dune Concordance, an encyclopedia of all the characters, places and wonders of the dune universe."
[...]
"My allied Dune Concordance project, the encyclopedia of all the marvelous treasures of the Dune universe [...]."

C'est cependant à l'autre tête du monstre bicéphale que l'on doit certaines précisions :

KEVIN J. ANDERSON (TOR.COM) :
"Brian compiled the Concordance as a reference tool for writing new Dune projects. Over 700 pages long, it includes exact references to Frank Herbert descriptions of the Dune universe, as found in all six books that he wrote. We hope to see it released in the near future, perhaps as a CD-ROM or on disk for the fans to find their favorite passages."

Les lecteurs attentifs auront compris que ce nouveau rideau de fumée venait remplacer le conte des Notes secrètes et du coffre-fort miraculeux...Ils auront également perçu avec quelle insistance les Abominations ont revêtu de l'épithète "encyclopedic" leur nouveau gadget. Comme le soulignait avec humour l'auteur d'un petit billet paru sur le site "Hairy Ticks of Dune.Home of the Orthodox Herbetarian Jihad"(notre Grand Pontife Sand), il est probable que la "Concordantia Dunensis" ne vienne jamais au monde. Alors, concluait-il, autant renoncer d'avance à l'épiphanie du "Divin enfant"...D'ailleurs Wikipedia US ,qui semble être devenue un autre centre de leur propagande, ne précise-t-elle pas que "according to the younger Herbert, there are no immediate plans to publish the concordance"?

Il faut néanmoins s'inquiéter d'un projet qui in fine aurait vocation à supplanter une DE qui nuit trop à la cohérence de leur "Dune achievement".Il n'y a jamais eu de reprint, malgré la demande,malgré le marché(et la parution du 2ème volume de la traduction allemande n'a pas plu).Et qu'on se rende sur leur site pour voir avec quelle insistance ils y dénoncent la canonicité de la DE ,avec signature du cacochyme McNelly en bas de la bulle d'excommunication ! (Paix à ses cendres)  La prétention au monopole canonique prend alors tout son sens : éliminer les discours parallèles et réaffirmer la légitimité de leur entreprise (...commerciale).

Le Maître se serait amusé de toute cette énergie déployée pour faire taire les hérésiarques et les faire plier à la Vérité du Dogme. Compilation des Hadiths, recueil des éléments de la Sira't -al Nabi  et codification de la Shariah, l'analogie est parfaite et aisément transposable :Torah,Mishna,Talmud,Kabbale ou Canon,Traditio Patristica et Glossa ordinaria...
« Modifié: septembre 01, 2008, 10:00:12 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #9 le: août 29, 2008, 03:23:17 am »
A /10 . LA FAUSSE CONCORDE DE BRIAN HERBERT


Ceci, loin de nous décourager, doit ,au contraire, nous inciter à l'action . Tout d'abord parce que tout cela n'est que du flan. Brian Herbert n'a pas attendu l'apparition de KJA pour vivre de l'héritage paternel. Il s'est déja illustré dans le passé en publiant des recueils posthumes et une grosse compilation d'extraits du Cycle pompeusement appelée "Notebooks". Il faut rendre hommage à l'auteur du site "Dune Index" d'avoir répertorié cet obscur digest. Et comme il est peu probable que BH se soit converti aux méthodes rigoureuses de la lexicométrie, il est fort à parier que sa "Dune Concordance" ne soit qu'un vaste florilège de situations ou de descriptions extraites de leur contexte( du genre "Duc Leto's eyes"), et de phrases sibyllines ramassées au petit bonheur.
D'ailleurs qu'on ne s'y trompe pas : 700 pages annoncées, en regard de l'étendue du Cycle, c'est assez maigre en vérité. 10 pages par Livre consacrées au Bene Gesserit. C'est assez modeste.

Mais le pire n'est pas là. Il ne s'agit même pas, en fait, d'une Concordance. Elle n'éclaire en rien le Cycle. Elle le redouble inutilement. D'ailleurs faut-il parler de concordance alphabétique ou de découpage à la manière d'un synopsis : ce que les universitaires, et les théologiens(!), appellent "péricope"...

En fait l'Abomination a fait ce que beaucoup de fans ont expérimenté dans leurs travaux d'écriture : résumer le Cycle en relevant, ici et là des passages "savoureux". Je crois avoir lu sous la plume de RYU qu'il s'était adonné à un tel exercice en rêvant de se créer un dictionnaire de son crû (j'espère que je ne dis pas d'âneries).

En linguistique, reprenant le vocabulaire de l'Exégèse, on parle de "péricope"(du grec "découper") pour désigner :
        un extrait formant une unité ou une pensée cohérente. La péricope doit avoir un sens,
            lue indépendamment de son contexte.
...La diffficulté tient évidemment aux critères qui orientent ce découpage ! Découpage qui peut très vite s'apparenter à un synopsis de série télé s'y on ne le pratique pas avec rigueur.

Mais supposons que BH ait fait l'effort de transcrire alphabétiquement ses transcriptions. Là encore, il ne s'agirait, tout au plus, que d'une imparfaite "concaténation" :
             la concaténation est la mise en rapport de péricopes dispersés dans un corpus textuel donné.
     ...Elle relève donc de choix nécessairement arbitraires. Une suite de concaténations ne fait pas une Concordance : c'est un florilège.

Pour conclure provisoirement sur cette "Dune Concordance", ajoutons que dans les deux cas, présentations systématique-linéaire  ou alphabétique , il manque au projet BH/KJA l'essentiel : la rigueur d'une analyse scientifique qui soit à la fois attentive à la masse quantitative d'une pesée lexicométrique et à la contextualité que seul un traitement philologique, historique, peut prétendre traiter. S'il suffisait de noter des apparitions, un logiciel comme l'index du site de vente Amazon y pourvoirait amplement. Mais pour quel usage ? A contrario s'il suffisait de piocher dans le corpus au gré de sa libre fantaisie,n'importe quel vulgaire wikiquote pourrait faire l'affaire. Les occurences d'un concept ne se réduisent pas plus à une somme mathématique qu'à une gentille anthologie. Elles ne se comprennent que contextualisées, restituées dans leurs champs sémantiques et leurs corrélations thématiques particulières. Elles exigent donc en amont un lourd travail de recherche documentaire propre à en permettre la critique externe. BH a tort de croire naïvement que son projet devrait se limiter à une simple recension du factuel ,des descriptions et de quelques citations, aussi pertinentes soient-elles.
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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #10 le: août 29, 2008, 03:34:57 am »

A /11 . J'AI CONÇU UN PROJET COMMUN AVEC DAR...MAIS GÉRARD KLEIN M'A DEVANCÉ...


Aussi j'en viens à ma proposition concrète qui couronne le long argumentaire précédent : associez-vous à moi ! Aidez-moi à construire une Concordance qui non seulement sera une marque de résistance, mais vous donnera l'occasion de vous replonger dans le Cycle. Vous êtes dubitatifs ? Si ! si ! je vois quelques moues très suggestives. Alors parlez-moi de votre quizz.Est-ce si différent ? Combien parmi vous peuvent me citer des passages exacts, me localiser un fait, isoler avec une facilité déconcertante tel ou tel personnage. Vous êtes des Concordances vivantes ! Tels ces griots, ou marabouts capables de remonter une généalogie ou de citer un verset sacré. Mais à l'image des savants lovecraftiens, n'est-il pas temps de sophistiquer notre "sagesse sauvage", de lui fournir un écrin où elle pourra être à la portée des néophytes ? Vous doutez encore , Alors laissez-moi vous citer notre Mentor francophone, un compagnon du Maître dont l'interprétation fait Autorité et qui appelait déjà de ses voeux la construction d'un tel instrument en 1978 ,l'immense G. KLEIN :

Sous sa forme apparemment traditionnelle, l'?uvre de Herbert bouscule bien des règles du roman, de science-fiction en particulier. Plus difficile à classer qu'il y paraît d'abord, elle inquiète ou fascine par sa compacité, sa complexité, le volume des digressions, les déséquilibres trop évidents pour être innocents de la construction, l'inintérêt parfois appuyé de l'auteur pour le déroulement de l'action : ainsi, celle de Dune ne débute vraiment que bien après la centième page.

Bien que je ne puisse pas développer ici ces propositions, elle m'a paru souvent présenter les ?défauts? que nos critiques cartésiens ont jugé bon d'opposer à Shakespeare et à Henry James, démesure et broderie. Comme William, Herbert paraît ne reculer devant aucune outrance ; comme James, c'est en disant à côté qu'il suggère le plus. C'est en entrecroisant et en superposant des trames relativement simples qu'il crée un ?effet de moiré? stylistique.

Hors de son contexte, telle citation de Dune ou de l'Étoile et le fouet peut paraître subtile ou banale ; elle rejoint le commun de la littérature. Mais sise dans son environnement, elle se dérobe soudain à l'analyse ordinaire parce qu'elle apparaît reliée à toutes les autres propositions constituant l'?uvre et indissociable d'elles ; on découvre avec effroi qu'il faudrait pour l'interpréter avec quelque sûreté établir une ?CONCORDANCE?[c'est moi qui souligne] comme on l'a fait pour les textes sacrés. Elle prend brusquement de l'opacité, voire de l'obscurité, indice peut-être d'une profondeur, grâce à l'accumulation ici nullement gratuite des références, des citations, des documents, des néologismes généralement dérivés de traditions existantes.

D'où les incertitudes qui confinent au paradoxe : ainsi, pour prendre un exemple simple, dans Dune, l'ordre occulte féminin du Bene Gesserit a implanté dans la population de Dune, comme sur bien d'autres planètes, des prophéties fabriquées pour assurer si besoin est la sécurité de ses envoyés. Sur Dune, la prophétie se réalise : or pour l'inventer et l'implanter dans ce détail, il faudrait disposer de la prescience. Mais si le Bene Gesserit avait prévu l'avenir, il se serait bien gardé d'implanter une prophétie qui protège contre sa volonté Jessica, renégate aux yeux de l'ordre, et Paul, prescient prématuré et monstrueux du point de vue Bene Gesserit. Où la boucle s'est-elle bouclée ? Quelle puissance a manipulé le Bene Gesserit ? Est-ce l'effet du hasard ? Mais le hasard précisément n'est que le masque de la nécessité.

 C'est par de tels tours que Herbert introduit l'inquiétante étrangeté et qu'il contourne l'incrédulité du lecteur en lui imposant le sentiment de la différence, d'une autre époque et d'autres cultures, bien en deçà ou au-delà de l'anecdote narrée.

[...]

On remarquera qu'en lecteur conséquent de Frank Herbert, je me suis efforcé d'éviter de convoyer à son propos l'illusion des absolus et que j'ai usé ? peut-être abusé ? dans cette préface en lieu et place du verbe être de mots introduisant plus de relativité comme paraître, apparaître, sembler, etc., tant il paraît vraisemblable à lire Herbert que l'apparent soit parfois (toujours ?) le masque du semblant, à moins qu'il n'en aille tout autrement.



« Modifié: septembre 01, 2008, 09:58:08 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #11 le: août 29, 2008, 03:40:38 am »

A /12 . QU'EST-CE QUE LA CONCORDANCE ?...ET CE QU'ELLE N'EST PAS


aussi utile que la DE



L'oeuvre de la DE était le fruit de la collaboration du monde universitaire avec les "Talifans" d'alors. Le résultat de ces synergies fut et reste l'extraordinaire travail de compilation et d'invention littéraire que nous connaissons. Je ne suis pas un littéraire mais un "scientifique"(sciences humaines ;D) comme certains parmi vous. Je rassure donc Anudar, il n'est pas question dans mon esprit de livrer une nouvelle mouture de la DE ou de lui adjoindre un appareil critique comme l'avait craint Filo. Non, il s'agit de faire plus et mieux que ça.


Il s'agit de livrer un nouvel instrument, rare en sci-fi mais bien connu par les étudiants avancés de littérature classique et moderne.Pour en comprendre l'utilité il n'est peut être pas vain d'en faire un bref historique.

un vieil outil de réflexion et de dépassement

Concordance : analogie, correspondance, conformité entre mots et/ou expressions ; une concordance donne pour chaque terme l'ensemble des passages d'un texte, ou d'une collection de textes (Corpus), le contenant.Elle en distingue les occurences et s'accompagne généralement d'un apparat critique.

D'usage ancien au sein des gloses bibliques, les listes d'occurences s'imposèrent dès le 13ème siècle (sous le nom de concordantia) comme des instruments incontournables du travail exégètique. Alphabétiques ou systématiques, index commodes ou vastes compilations polyglottes, les concordances prirent très vite la forme qu'on leur connaît actuellement : liste des passages en contexte court et distinction des occurences. Il ne s'agit donc pas de simples index. Une entrée de concordance s'accompagne d'une analyse de ses corrélats thématiques, d'un "nuage" ou "arborescence" sémantiques, de définitions et commentaires qui nécessitent en amont un lourd travail documentaire.
Mais les textes sacrés, de la Glossa Ordinaria au Midrash ou à la Sunna, n'ont pas l'apanage d'un tel traitement. L' "exégèse" scientifique, issue des avancées lexicométriques de la philologie et de la critique génétique modernes, a développé une riche méthodologie concordancière autour des grands corpus profanes de la littérature moderne (cf.le Shakespeare OpenSource) . Les historiens n'ont pas manqué d'y soumettre également leurs impressionnants recueils documentaires(cf.Damon Mayaffre).
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:56:50 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #12 le: août 29, 2008, 05:08:33 am »

A /13 . LA VALEUR AJOUTÉE DE CET INSTRUMENT

interne et externe : la critique

Une concordance scientifique échappe ainsi à 2 écueils que rencontrent les productions "artisanales" : multiplier les "bruits" (i.e.:toute réponse obtenue lors d'une RDI dont le contenu est jugé non pertinent) qu'un repérage indiscriminé, uniquement gouverné par des algorithmes mathématiques, vomit sans recherche de sens ; ou a contrario s'enfermer (comme BH) dans un plaisir anthologique qui témoignerait essentiellement des affects de son compilateur, mais certainement pas de la structuration de l'oeuvre censée être étudiée.

Une concordance est infiniment plus qu'un simple index : elle articule l'information délivrée par les algorithmes de recherche de manière à faire sens, c'est pourquoi elle recherche des corrélations thématiques, met en lumière des environnements sémantiques , produit des statistiques originales, éclaire des liaisons insoupçonnées. Comme le notait G.Klein, elle peut être une boussole merveilleuse pour s'orienter dans le dédale des cheminements herbertiens. Quand elle se propose de travailler sur une traduction (corpus parallèles), elle acquiert l'inestimable avantage de servir comme outil de compréhension des décalages culturels liés à la traductologie, comme l'a récemment montré U.Eco.

Nous sommes là bien au-delà des ambitions de la DE . Plus qu'une encyclopédie, un dictionnaire. Plus qu'un dictionnaire, une exégèse intime de l'écriture herbertienne. Plus qu'un travail analytique comme disait Leto : une computation mentat. On imagine donc aisément qu'une pareille ambition doit être servie par une rigueur d'airain. Car au travail de critique interne (syntaxe,stylistique,étymologie,onomastique,datation de la langue...), on ne peut lui dissocier un titanesque effort de critique externe - ou historique - : critique génétique appuyée sur des archives et des témoignages, mise en "raisonnance"(Leto) avec le reste d'un Canon élargi, dettes intellectuelles et influences littéraires qui ont marqué l'auteur... Pour reprendre G.Klein, déjouer "l'effet de moiré", dévoiler les subtiles liaisons livrées obscurément par l'hermétique palimpseste de ses folles mises en abyme (ouvrez vos dicos ! ;))

Pour répondre à Anudar et Leto, nous sommes là aussi éloignés d'un quizz(respectable par ailleurs) que d'une lexicographie "analytique" : rien n'est isolé chez Herbert, la recherche doit faire un incessant va-et-vient entre le "moiré" particulier et les trames d'ensemble, mais sans vouloir tout plier à un esprit de système car l'écriture du Cycle s'est étalée sur plus de 23 ans. D'où l'indispensable mise à distance de la critique historique.Tu l'auras compris Anudar, il s'agit bien plus que de retrouver une anecdote. La concordance est justement l'instrument de la rupture avec l'anecdote. Rupture, donc, avec la voie facile des abominations.
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:56:05 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #13 le: août 29, 2008, 05:16:16 am »
A /14 . BEAUCOUP DE MOTS, BEAUCOUP DE LIAISONS INSOUPÇONNÉES


Tout le monde se doute que le Cycle doit contenir beaucoup plus de mots et d'expressions originales que le vocabulaire indigent des abominations. Chacun sent également les imperfections qui seraient liées à une présentation purement alphabétique des entrées. Le terme "abomination"(nous y revoilà) retentit de significations autrement plus complexes que de définir "plastacier" ou "shigavrille", l'évolution dans le temps d'un terme revêtu d'occurences qui divergent d'un livre à l'autre voire d'un personnage à l'autre, les jeux de correspondance entre les épigraphes ou les récurrences invisibles qui colorent un terme anodin d'une chatoyante polysémie, autant d'exemples qui prouvent que tous les mots ne se valent pas dans le Cycle, mais qu'une sélection a priori risque d'enfermer dans l'arbitraire d'un système d'interprétation. Mes fins lecteurs auront compris que je fais là allusion à la DE .C'est parce que j'en suis un partisan convaincu que je ne m'illusionne pas quand à la part d' "apocryphicité" du vénérable document. Oeuvre inspirée et fidèle à l'esprit du Maître, donc pleinement orthodoxe, elle ne doit pourtant pas échapper à la critique scientifique. Établir une Concordance revient donc à définir une Vulgate sensible à la superposition des trames du Cycle original.

S'impose de ce fait une présentation alphabétique qui néanmoins puisse ramasser l'énorme vocabulaire herbertien dans une sélection d'articles collectifs. N'est-ce pas là revenir à l'esprit de système (industrieux!)de la DE ? Non, à condition d'en faire l'étape finale de nos travaux. À cette condition, la Concordance se présentera comme une série d'articles dont la constitution n'aura pas été forcée au lit de Procuste d'un plan préétabli. Certains articles seront construits autour de fortes corrélations thématiques (acolyte-mère-néophyte-rectrice-révérende ...),d'autres sur des apparentements sémantiques (histoire-historiens-s'tori...) ou onomastiques (dune-rakis-arrakis...).Et la liste des regroupements n'est pas close, puisque à découvrir. Une telle présentation permettra également d'insister sur les correspondances, les réseaux sémantiques et idéels qu'une lemmatisation alphabétique stricte aurait le tort de masquer.La discussion historique y trouvera également une visibilité et une cohérence qu'un émiettage excessif n'aurait pas permis.On l'a dit critique interne et externe sont indissociables.

J'ajoute, pour la clarté de ma démarche, que la description qui précède concerne le produit fini. La longue phase de préparation, d'analyse et de recherche documentaire se déroulera dans le cadre d'un travail rigoureusement alphabétique. C'est de la statistique, de l'analyse chapitre par chapitre et des recherches historiques conduites en parallèle que finiront par émerger les associations finales .3 opérations donc,qu'il faut moins voir comme des étapes successives, mais plutôt comme des fonctionnalités parallèles et interdépendantes. Un circuit intégré : chaque article comporte des entrées avec citations à contexte court, ces citations renvoyent à une critique interne, cette dernière est associée à une concaténation(sélection) de citations reprises en contexte long dont le choix résulte de la critique historique, celle-ci figurant pour partie dans le corps de l'entrée et pour le reste dans les sections communes de l'article.
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:54:20 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #14 le: août 29, 2008, 06:32:12 am »

A /15 . PLAN DE TRAVAIL (PHASE PRÉPARATOIRE)


Vous êtes sans doute un peu perdus après le jargonnage intense des propos précédents. Voilà un plan du travail de préparation à ne pas confondre avec la présentation finale. On se reporta aux posts ultérieurs pour une compréhension des termes techniques :

rubriques type d'une concordance

***************************************************************************
CONCORDANCE.
***************************************************************************
1 . Articles encyclopédiques
2 . Tables systématiques et regroupements transversaux
3 . Table alphabétique des entrées
***************************************************************************

*****************************************************
 ARTICLE [Titre générique].
*****************************************************
1 . Liste des entrées
2 . Critique interne générale (Cycle)
   a . statistiques
   b . arborescences et "nuages"
         . réseaux sémantiques
         . correspondances thématiques
   c . commentaires/ traductologie
3 . Critique externe générale (Cycle/Canon/Corpus)
       +(critique historique in Gloses Académiques)
4 . Débats et interprétations parallèles (Tradit)
5 . Gloses (Deutéro & Apocryphes/ hypothèses des Académiques)
         . littéraires
         . iconographiques
         . cinématographiques
         . actualité de la pensée herbertienne
6 . Entrées particulières

******************************************************
ENTRÉE / V.O.
******************************************************
1 . "Indexation"en contexte court (environnement proche),
    selon un ordre chronologique(Année-Livre, "chapitre"),
    avec renvois aux éditions de référence (et éventuellement
    aux péricopes, cf.infra)
2 . Critique interne (Cycle)
   a . statistiques
   b . arborescences et "nuages"
   c . commentaires/ traductologie
   d . concaténation ou sélection de citations de l'Indexation données en
       contexte long, selon un ordre chronologique ou typologique (occurences)
   e . facultatif :statistiques et arborescences particulières à la concaténation
3 . Critique externe (Cycle/Canon/Corpus)
    +(critique historique in Gloses Académiques)
   a . parallèles synoptiques
   b . discussions et analyses historiques
4 . Débats et interprétations parallèles (Tradit)
5 . Gloses (Deutéro & Apocryphes/hypothèses des Académiques)
 
***************************************************************************

Selon les cas, les points 3,4 & 5 pourront être traités au niveau du seul article ou détaillés dans les entrées particulières.Mais n'oublions pas qu'il s'agit là d'une ébauche de ce que pourra être le produit fini, à l'issue des recherches et des arbitrages qui ne manqueront pas d'être complexes.

« Modifié: septembre 01, 2008, 09:52:21 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #15 le: août 29, 2008, 06:54:32 am »

A /16 . UNE (NOUVELLE) TYPOLOGIE DOCUMENTAIRE (Septembre 2008)


Mais avant de construire des châteaux en Espagne, certains lecteurs perspicaces auront remarqué que j'ai truffé mes rubriques d'énigmatiques mentions : Deutéro, Tradit, ou les plus familiers Cycle, Canon,Apocryphes....Ils n'interviennent pas tous au même niveau d'analyse et obéissent donc à une hiérarchisation de l'information. Cette typologie répond aux règles de la recherche historique telles que définies depuis Langlois et Seignobos en 1898. Mais les connaisseurs en histoire des religions n'auront pas de mal à y reconnaître des principes de bon sens qui remontent à l'exégèse canonique ou islamique du Moyen Age.

On distingue 3 catégories documentaires :  * les SOURCES : Cycle, Canon, Corpus
                                                                          * les APOCRYPHES : Deutérocanoniques ,Non Autorisés (ant.1986) & Posthumes
                                                                          * les GLOSES :  Académiques & Populaires


A   Sources
                 a) . Instruments, Archives et assimilés
                              1 .  Instruments de recherche documentaire
                              2 .  Frank Herbert's Archives (Pollak Library)
                              3 .  Frank Herbert's Collection (Siuslaw Library)
                 b) . Imprimés et enregistrements sonores
                              4 .  Cycle : les éditions de référence
                              5 .  Canon Dunien (variations et commentaires de FH)
                              6 .  Corpus Herbertien (hors Cycle)
B   Apocryphes
                  a) . Approuvés par FH
                              7 .  Apocryphes autorisés : les Deutérocanoniques
                  b) . Autres adaptations (de son vivant ou posthumes)
                               8 .  Hommages, variations, détours et critiques littéraires
                               9 .  Créations iconographiques, musicales et audiovisuelles
                             10 .  Essais littéraires et artistiques Amateurs
C   Analyses
                  a) . Gloses
                              11 . Entre analyse et témoignage : la Tradition
                              12 . Des critiques de presse aux travaux académiques
                              13 . Gloses d'amateurs éclairés
                  b) . Contextualisations et parallèles
                              14 . Travaux académiques pour servir à une analyse contextualisée du Cycle
                              15 . Méthodologie : herméneutiques comparées et enjeux techniques
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:48:59 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #16 le: août 29, 2008, 07:31:44 am »
SOURCES

Mis à part les instruments de travail, il s'agit ici de ce que les Anglo-saxons appellent  improprement  "primary sources", à savoir non seulement les Sources archivistiques, mais également des imprimés (livres,articles de presse), un inventaire de la bibliothèque personnelle de Frank Herbert et de trop méconnus enregistrements sonores et audiovisuels . Certaines de ces ressources restent inédites, toujours en attente de traduction française voire même d'édition aux États-Unis ! Pour ce qui est du contenu, outre l'oeuvre fictionnelle, imprimée ou non, on trouvera ici des adaptations audio, des articles universitaires, des reportages, des pictorials, des transcriptions d'interventions orales, des  préfaces, des interviews à la presse ou des poèmes, parmi bien d'autres trésors sortis de l'imagination féconde de Frank Herbert...





A /17 . INSTRUMENTS, ARCHIVES & ASSIMILÉS (Septembre 2008)



(1) . Instruments de recherche documentaire.


(2) .  Frank Herbert's Archives (Pollak Library)


CSUF [California State University Fullerton] Pollak Library.
The Special Collections Library : Science Fiction Section, Frank Herbert Archives.
800 N State College Blvd, Fullerton, CA United States.

http://library.fullerton.edu/content/AdministrationUnit/SpecialCollections/FrankHerbertArchives.doc

Cette section ne prétend pas se substituer à un inventaire archivistique conforme aux règles de l'art . Mais faute de mieux, elle se propose, plus modestement, d'être un compendium commode dans la prospection des fonds Herbert/McNelly/alii. déposés à la CSUF.
Dans la mesure du possible, on s'est efforcé de pallier aux défaillances de sa rédaction originelle, dont il n'est pas inutile de rappeler qu'elle répondait à  un usage assez confidentiel (ce qui explique son caractère assez informel voire brouillon). Néanmoins, en dépit de multiples correctifs et amendements ( et il faut rendre ici hommage aux recensions d'A. Sprauel ), certaines obscurités peuvent encore entacher l'intelligibilité générale du document, tant au niveau de la description matérielle - articles de cotation - que du contenu"intellectuel"des pièces rassemblées . C'est un mal nécessaire auquel il a fallu se résigner : une révision systématique nous aurait contraint à des remaniements sans fin. Aussi, nous sollicitons d'avance l'indulgence du lecteur pour les erreurs et approximations qu'il pourrait relever.


(3) .  Frank Herbert's Collection (Siuslaw Library)

The Siuslaw Public Library District.
Special Collections : Print Section . Frank Herbert Collection.
1460 Ninth Street, Florence, 97439, OR United States.

Catalogue :  http://www.siuslawlibrary.org/home.asp


Le risque de se perdre dans une logomachie bibliométrique guette toute tentative de réduire un auteur à ses lectures, et a fortiori quand celles-ci se réduisent aux seuls volumes de sa bibliothèque personnelle... 
L' histoire d'une bibliothèque réserve en effet bien des incertitudes. Combien d'acquisitions jamais lues, de va-et-vient entre amis, de livres à peine feuilletés ou au contraire fébrilement annotés ? C'est une matière presque impossible à dénouer, à moins de confronter les peu parlants indices statistiques aux témoignages, voire à d'éventuelles marques matérielles (annotations marginales, griffonnages, surlignements, notes écrites à part).
Ainsi, dans le cas de Siuslaw, il semble tout particulièrement hasardeux d'avancer des hypothèses probantes au regard du caractère lacunaire du fonds rassemblé depuis 1991. Il ne représente en effet guère plus d' 1/5 de la bibliothèque originelle. Le gros de la donation (soit une bonne moitié) rassemble des ouvrages publiés entre 1961 et 1965, un autre quart concerne les 20 années précédentes (1943-1960), le quart restant recouvre la période 1966-1985. Mais la date de publication d'un ouvrage n'est pas toujours celle de son achat...et encore moins de sa lecture ! Sans oublier que de cette bibliothèque "familiale", Frank Herbert n'était pas le seul usager...
Aussi, il ne saurait exister en ce domaine d'assurance autre que négative ("tel ouvrage n'était pas en la possession de FH au moment de la rédaction de tel autre..."). Ces quelques considérations fixent les limites de l'analyse : un ouvrage isolé ne suffit pas à fonder un argument, un faisceau de lectures pourra ponctuellement aider à valider une analyse, mais rien de plus. La modestie de ces attentes n'empêchant pas quelques surprises...

Spécifications techniques :
[mots clefs : "Frank Herbert Collection", 285 réponses / Résultats après désherbage des titres étrangers au leg initial(1991) :205]
[non indexed : pamphlets, recorded books on phonograph records, posters, photographs and other materials -  total 400 - ]
À noter que les notices d'une même année se succèdent par ordre alphabétique, contrairement à l'ordre originel des entrées sur le pan-catalogue régional de l'État d'Oregon. Enfin, malgré nos relectures, certaines erreurs (indexation CDD) ou lacunes (données biographiques des notices) peuvent subsister indépendamment de notre volonté.

Historique :  http://www.siuslawlibrary.org/FrankHerbertCollection.asp
                    http://www.citizensforflorence.com/Issues/dune-herbert-1.html

« Modifié: septembre 05, 2008, 01:52:46 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #17 le: août 29, 2008, 07:37:15 am »

A /18 . SOURCES IMPRIMÉES & ENREGISTREMENTS SONORES (Septembre 2008)


(4) .  Éditions de référence du Cycle

Au commencement était le Cycle : 6 livres dont la publication s'étale entre 1963 et 1986. C'est l'objet de l'indexation et de la critique interne. Rien de spécifique à ajouter sinon qu'il faudra vérifier la réalité de différences constatées par certains lecteurs entre les éditions anglaise et américaine .À vérifier.
Les références aux  éditions de travail seront doublées par des renvois aux "péricopes" que nous auront préalablement découpés à partir de l'édition électronique du Cycle.
Les éditions sonores du Cycle sont données à titre de curiosités. Elles permettent de se faire une idée de la rythmique et de la musicalité du Verbe herbertien.
Le recueil de citations édité par BH en 1988 sous le titre " The Notebooks of Frank Herbert's Dune" n'a, pour sa part, aucune valeur scientifique [voir en glose dite de Tradition].


(5) .  Canon Dunien (variations et commentaires de FH)

Est désigné par l'épithète "Canon" tout ce que Frank Herbert a pu écrire ou dire en public concernant le Cycle :

*ses archives : "Frank Herbert's Archives [& McNelly interviews]", California State University Fullerton (CSUF) Pollak
  Library [Special Collection / Science Fiction Section]
*sa bibliothèque en partie déposée à la Siuslaw Public Library District.
*ses "notes" privées (hélas! inaccessibles pour longtemps encore ...!selon BH : "1300 pages of working notes up")
*son recueil posthume de poèmes : Songs of Muad'Dib (1992,édité par BH- vérifier d'éventuelles interpolations )
*ses inédits publiés dans : The Road to Dune (2005,édité par BH avec des textes de son crû -  vérifier d'éventuelles
   interpolations)
*ses essais et écrits préparatoires ou parallèles au Cycle : * The God Makers (1958 - 1972)
                                                                                            * Road to Dune   [1985 , publiée dans Eye]
                                                                                            * textes (1977-1979) recueillis dans l'anthologie de O'Reilly (1987)
*ses commentaires : articles, conférences et interviews consacrés principalement au Cycle
  (il est avéré que les SparkNotes, ed.2003 - qui lui sont faussement attribuées - sont  l'oeuvre de Jason Clarke ; remarque
  identique pour les CliffNotes de L.D.Allen, ed.1972 & 1975 )
                                 
D'un point de vue bibliologique les documents dits "Canon" ne se substituent pas à la matière du Cycle qui en reste clairement le point d'arrivée : ils en éclairent la constitution, permettent d'esquisser des parallèles (synoptiques) et d'utiles éclaircissements.


(6) .  Corpus Herbertien (hors Cycle)

Au sens classique du terme un "Corpus" devrait désigner l'ensemble des textes soumis à la critique interne (ici, le Cycle). On nous excusera donc l'impropriété qui nous à conduit à restreindre l'emploi de ce terme aux textes de Frank Herbert qui ne se rapportent pas explicitement au Cycle (ou qui ne s'y réfèrent que partiellement). Cette distinction pourra sembler artificielle, mais il nous a semblé fécond de penser les différents (livres-) univers de manière autonome plutôt que d'en amoindrir l'originalité au sein d'une même et uniforme succession chronologique. Un long aperçu introductif, à la fois chronologique et typologique, permettra de relier ce que la distribution des notices aura un peu artificiellement dissocié.

*oeuvres publiées
*articles et interviews
*transcriptions des cours magistraux donnés à l'Université de Washington
  [lecturer in general studies and interdisciplinary studies (1970 ? 2)]
*archives "Frank Herbert's papers & recordings [including McNelly interviews]", California State University Fullerton (CSUF),
  Pollak Library [Special Collections / Library?s Science Fiction Collection]
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:46:13 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #18 le: août 29, 2008, 07:45:54 am »
APOCRYPHES


Rarement oeuvre de fiction aura généré autant de reprises, d'adaptations ou de détournements. Certains ont cru y déceler un affadissement de la matière littéraire originelle, une dérive de l'ordre du kitsch ou de la reproduction industrielle. D'autres, plus sensibles à la richesse et l'inventivité des imaginaires déployés, ont souligné l'apport culturel de ce phénomène d' "intermédialité" : décloisonnement des expressions culturelles "assignées", croisements formels et synergies inédites entre sphères médiatiques...
En définitive, quel que soit le jugement esthétique porté sur ce phénomène, il reste emblématique des mutations qui affectent tout à la fois la "culture des individus" et l'imposition planétaire d'une "videosphère" conquérante. Intriguant paradoxe qui ne saurait pourtant leurrer très longtemps l'observateur attentif de la "vie des formes" : 2000 ans d'art chrétien ne témoignent-ils pas à l'envie du rôle souterrain mais incontournable de certaines expressions marginales ?
Apocryphes avez-vous dit ?



A /19 . APOCRYPHES APPROUVÉS PAR FH (Septembre 2008)



(7) .  Apocryphes autorisés : les Deutérocanoniques

Sont qualifiées de "Deutérocanoniques" les interprétations du Cycle approuvées par Frank Herbert de son vivant. Aussi, en dépit de leur absence du Canon, font-elles figure - oxymoron un peu déroutant - d' "apocryphes autorisés" :

* les deux pictorials (articles) co-rédigés par Frank Herbert et les illustrateurs John Schoenherr et Jim Burns

* la DE sous la direction du Dr W. McNelly...et tout ce qu'en a pu dire publiquement Frank Herbert (ou ce qu'en rapporte McNelly)  :
* les enregistrements des entretiens de Mcnelly avec FH et les travaux préparatoires à la DE conservés aux "Frank Herbert's
   Archives", California State University Fullerton (CSUF), Pollak Library [Special Collections / Science Fiction Section]

* l'adaptation lynchéenne de 1984 (y compris ses études préparatoires)               
* tous les commentaires publics de Frank Herbert sur ce film.

Au-delà des appréciations diverses que ces oeuvres n'ont cessé de susciter à propos de leur "canonicité" depuis un quart de siècle, il est néanmoins incontestable qu' elles ont  durablement imprimé au sein du lectorat dunien une vision, une esthétique du Cycle, dont on commence à peine à mesurer l'impact . Images, jeux de rôles, fanfics, adaptations télévisées ou suites romanesques à succès : la liste est longue des avatars de ces premiers apocryphes du Cycle. De ce point de vue, ils méritaient l'épithète de "deutérocanoniques".
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:44:14 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #19 le: août 29, 2008, 07:52:20 am »

A /20 . AUTRES APOCRYPHES (CONÇUS DU VIVANT DE FH OU POSTHUMES) / (Septembre 2008)


(8.) .  Hommages, variations, détours et critiques littéraires

Un regard non académique, parfois décalé, souvent subjectif, toujours de qualité...en un mot : littéraire. Mais également des productions inclassables, comme les board game manuals ou les scenarii de films. De quoi faire éclater les frontières convenues de l'expression (para-)littéraire !
[Les travaux amateurs sont recensés dans une autre section. (10)]

(9) .  Créations iconographiques, musicales et audiovisuelles

On recensera sous cette rubrique les "apocryphes" artistiques suscités par le Cycle ( Dune84 & DE exceptés). Matériel & Gloses inclus.   
Images statiques et animées, photographie, arts décoratifs, images virtuelles, bandes audio ou partitions . . . Les principaux critères de sélection retenus ici sont le niveau de diffusion et/ou la reconnaissance professionnelle. Les travaux amateurs sont pour leur part recensés dans une autre section (10) . Déroge toutefois à cette règle la sous-section cartographie où sont rassemblés indistinctement travaux professionnels et amateurs.

(10) . Essais littéraires et artistiques Amateurs
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:43:13 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #20 le: août 29, 2008, 07:57:53 am »
A /21 . GLOSES PLURIELLES : DES ANALYSES À PLUSIEURS NIVEAUX (Septembre 2008)


Entrer dans le Cycle est expérience à la fois familière et déroutante. Familière dans la mesure où le Cycle semble reprendre les canons si souvent exploités du soap opera. Mais pour peu qu'on prenne la peine de se détacher un instant de la pantomime féodale, ce "roman" dévoilera des dimensions inattendues en SF. Peut-on d'ailleurs parler de roman à l'égard d'une oeuvre qui se joue des frontières formelles comme des cloisonnements thématiques ? Écologie générale, anthropologie des religions, philosophie et écriture de l'Histoire, économie politique, socio-biologie, pédagogie, éthique, psychanalyse jungienne, linguistique sociale....Chaque relecture de ce "roman joycien" est ainsi une occasion d'en gratter l'inépuisable palimpseste. 
Pourtant, beaucoup aiment à laisser vagabonder leur imagination, vaguement séduits par l'hermétisme d'un Verbe imagé et mystérieux. Dans cette perspective, chercher à "décrypter" les trames complexes qui constituent le Cycle pourrait sembler aussi dénué de sens que de vouloir "disséquer" l'âme d'un cadavre livré au scalpel d'une leçon d' anatomie...L'une des clefs de l'efficacité du Cycle ne réside-t-elle pas en effet dans l'impressionnisme voulu d'une narration baroque et déconcertante ?
Mais sans chercher à contester cette dimension poétique du Cycle, beaucoup ont ressenti le besoin d'appuyer leur lecture sur une matière un peu plus tangible qu'un billet d'humeur. Illusion de l'entomologiste pensant reconnaître la vie au travers de ses compositions privées de mouvement ? Peut être bien ...
Mais, d'une certaine manière, n'est-ce pas rendre hommage au génie singulier de cette oeuvre que de vouloir la disséquer à l'instar de certains monuments de la "grande" littérature ?
Cadavre littéraire livré à l'appétit féroce des limachons académiques ou des lombrics amateurs, traversé d'ascarides solitaires et de vers en réseau très grégaires. Les uns à la recherche de ce que pensait Frank Herbert et tentant de rassembler, à force de recoupements et de sources d'archives, les "perles de sa conscience", les autres soucieux avant tout de faire partager un ressenti original ou d'attirer l'attention sur des parallèles inattendus dissertant avec toute la liberté que permet la passion... 25 ans après la disparition de son créateur, loin de s'évanouir dans les sables de l'oubli ou de la commémoration, le Cycle de Dune grouille d'une vie insoupçonnée. Tribut sans doute d'une pensée toujours d'actualité.



« Modifié: septembre 01, 2008, 09:42:06 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #21 le: août 29, 2008, 08:17:36 am »

A /22 .  DES GLOSES AUX CONTEXTUALISATIONS...(Septembre 2008)


(11) . Entre analyse et témoignage : la Tradition

Aux Sources directes de l'oeuvre herbertienne, il n'est pas sans intérêt de rapprocher certains témoignages que nous qualifierons (pour suivre la métaphore exégétique) "de Tradition". La Tradition désigne ici les écrits de contemporains de Frank Herbert, soit qu'ils rapportent ses propos, soit qu'ils s'en fassent les interprètes plus ou moins autorisés (exclues donc biographies et autres études à caractère historique) :
* les travaux d'amis (et quasi-exégètes officiels)publiés ou non de son vivant comme :   
  _Gérard Klein Préface à "Frank Herbert" (1978)
  _Timothy O'Reilly  "Frank Herbert" (1981)
 * les Mémoires et Souvenirs de ses proches :
l'ouvrage écrit par BH sous le titre "Dreamer of Dune" relève, par son implication dans la sphère intime, de cette catégorie malgré ses prétentions au titre de biographie objective ;son florilège commenté ("NoteBooks") relève également de la même catégorie
 * les témoignages laissés dans la presse
Tous ces auteurs, même s'ils font oeuvre d'analystes ou d'historiens, ont pour particularité d'avoir personnellement connu Frank Herbert. Leurs écrits ont ainsi valeur de témoignage, avec ce que cela comporte d'intimité profonde, mais également de subjectivité, avec l'univers fictionnel (et réel) de FH.
Ils ne peuvent donc figurer, au sein de cette bibliographie, sous la rubrique des gloses académiques, ce qui n'enlève rien, loin de là, à l' inestimable valeur de certains témoignages.


(12) . Des critiques de presse aux travaux académiques


La science-fiction est un peu plus qu'un prétexte au déferlement de l'imaginaire. Elle interroge également bien des certitudes de notre "modernité". Ainsi, sous le manteau du dépaysement, la science-fiction reprend l'héritage critique d'une tradition littéraire qui lui est bien antérieure. À cet égard, l'oeuvre de Frank Herbert, comme rarement en SF, n'a cessé d'interroger les fondations de notre société. C'est cette richesse intellectuelle, soulignée par bien des éxégètes universitaires, que cette section ambitionne de mettre en exergue.
On peut également consulter les travaux recensés en "Tradition", "Deutérocanoniques" et "Apocryphes Artistiques". Ce qui touche à la critique littéraire ("billet d'humeur") est présenté sous la rubrique "Apocryphes littéraires".

(13) . Gloses d'amateurs éclairés


La sélection suivante d'articles électroniques, de pages et sites webs, d'opuscules à tirage confidentiel ou de weblogs lus à travers le monde, répond à deux critères en apparence incompatibles : l'originalité du propos et son impact sur la toile (citations, liens et...plagiats!). Au travers de ces essais se dessine le portrait - impressionniste - d'une "culture pop" du Dunivers qu'on prendra soin de comparer à la section consacrée à la création littéraire et artistique amateur : à bien regarder s'y révèlent d'insoupçonnés  détours qui conduisent parfois du commentaire à l'invention ...

(14) . Travaux académiques pour servir à une analyse contextualisée du Cycle


On trouvera dans la présente section tous ce qui peut contribuer à une meilleure compréhension de l'écriture et des enjeux intellectuels du Cycle sans pour autant s'y rapporter explicitement.
Sont ici recensés deux types de travaux universitaires bien distincts mais complémentaires. En effet, les documents les plus récents et au fait de l'état actuel de la recherche y cotoient des travaux anciens contemporains de la rédaction du Cycle (1959-1986). Si les premiers éclairent les problématiques développées par le Cycle, les seconds, quoique dépassés scientifiquement, présentent l'intérêt non moins capital de nous fournir - pour ainsi dire à titre de "sources indirectes"-  une meilleure appréciation de l'état des connaissances à l'époque où Frank Herbert conçut son oeuvre (voir également les références de sa bibliothèque en partie déposée à Siuslaw).
Ainsi, ce double éclairage aura pour vertu de souligner l'ancrage "historique" du Cycle au sein des enjeux littéraires (New Wave) et culturels contemporains de son écriture sans pour autant cesser d'en revisiter sa brûlante actualité...

(15) . Méthodologie : herméneutiques comparées et enjeux techniques




« Modifié: septembre 01, 2008, 09:40:36 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #22 le: août 29, 2008, 08:21:32 am »
A /23 . LA CONCORDANCE NE SE RÉDUIT PAS À UN EXERCICE D'ANALYSE LEXICOMÉTRIQUE


il ne s'agit pas d'un travail académique

Voilà, tout est dit. Je voudrais conclure en rassurant ceux qui pourraient se sentir exclus par le côté académique du projet.Je suis comme eux un fan de la première heure et les nombreuses années de méditation passées à l'ombre de ce monument n'ont pas encore totalement éclipsé mon regard d'enfant. Nous avons tous quelque chose à échanger. La technique n'est qu'un filet de protection pour nous avertir contre certaines facilités.Mais elle permet aussi d'approfondir un monument littéraire qui n'a pas encore reçu le traitement qu'il mérite ( à l'image du splendide site shakeaspearien OpenSource).

Mais qu'on ne se laisse pas démonter par l'aspect technique de la chose.L'essentiel est ailleurs et à la portée de tous : ramasser de la documentation (laisser des liens sur le forum), faire des suggestions, signaler des liaisons que les algorithmes n'auraient pas perçu.C'est à la fois un travail d' "amateurs",au sens noble du terme, et une oeuvre à prétention scientifique.

...mais ça reste une entreprise sérieuse

 Oui, les sciences humaines sont un peu plus molles que les autres,mais nous restons toujours dans l'ordre d'un discours qui prétend livrer une vision du réel fondée sur une méthodologie propre.Je t'invite à voir ce qui a été fait sur le Shakespeare OpenSource (en ligne). C'est un travail dont le sérieux n'a rien à envier aux nombreuses concordances bibliques qui peuplent le net. Mais justement, il s'agit bien plus que de faire tourner un logiciel.Allez sur Amazon,la Concordance est techniquement déjà faite(non,en fait pas vraiment,il s'agit plus d'un index que d'un travail cherchant à distinguer les occurrences).Il faut du coeur pour dépasser la machine.

avec une dimension "linguistique" limitée

Maintenant ,pour répondre à Leto, la critique interne concerne le coeur de nos sources : le Cycle.Il s'agit de faire tout ce lent travail de liaison,de parallèles sémantiques et thématiques (même si certains logiciels peuvent aider,notamment pour les statistiques) mais aussi le cas échéant de critique littéraire :syntaxe,stylistique,étymologie,onomastique,problèmes traductologiques,datation de la langue...
Ce n'est pas l'aspect que je préfère et je pense le limiter au strict minimum (voilà pourquoi le CNRS n'y apportera sans doute pas son sceau).Mais je ne veux pas en faire le sacrifice total, car j'ai pu voir les trésors d'intelligence du texte qu'une telle dimension permettait.D'ailleurs pour en rester au domaine de la linguistique je ne vois pas comment on pourrait se passer des sources en V.O.Ne nous mentons pas,l'essentiel se fera sur les traductions mais des comparaisons pertinentes avec la VO seraient une valeur ajoutée inappréciable.
J'en termine avec cette dimension "linguistico-littéraire"en revenant sur ma suggestion d'établir un découpage péricopique qui à l'avantage d'être accessible à tous,permet d'avoir un système unifié de collation (on ne dira plus page X de l'édition Y, mais "MsD,XXXIV,12":Messie de Dune, Épigraphe 34,Péricope 12),et nous permet surtout de repenser les trames de Frank Herbert à une échelle différente de l'émiettement mot à mot ou expression à expression de l'indexation réalisée en critique interne.
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:39:08 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #23 le: août 29, 2008, 08:31:02 am »


A /24 . LA CONCORDANCE, FABRIQUE D'UN SAVOIR EN PARTAGE


l'essentiel étant une solide assise historique et réflexive

La critique externe, pour sa part,s'appuye sur les autres écrits d'Herbert mais aussi sur ce que l'on sait de ses influences littéraires pour mettre en perspective les résultats de la critique interne, l'un orientant,informant l'autre. À l'issue de ce travail, l'analyse et le commentaire peuvent alors intervenir forts de l'apparat précédemment constitué.Et dans ce domaine vous m'êtes bien supérieurs.Votre familiarité avec le Cycle est inégalée.Et pour moi c'est le coeur du projet. Il ne faut donc pas se laisser impressionner par la technique : elle nous fournira un cadre rationnel et solide pour nos appréciations,mais l'essentiel,vous l'aurez compris ne réside pas dans la machine,mais dans nos lectures,dans la réunion d'une masse critique d'éléments sourcés qui nous permettent de relire le Cycle avec un regard aiguisé.Comme celui de G.Klein...(arriverons-nous jamais à son intimité avec l'oeuvre ?).

un travail qui reste accessible

Le caractère "critique" des étapes précédentes me semble le préalable à une interprétation la moins subjective possible. Mais qu'on ne se méprenne pas,il ne s'agira ni d'un travail totalement littéraire à la Anthony Lewis, ni d'une somme mobilisant toute une équipe de linguistes.Ce travail se situera dans un entre-deux méthodologique, suffisamment sérieux pour avoir de la crédibilité et faire taire les critiques, mais aussi suffisamment didactique et accessible pour que le plus grand nombre puisse y accéder et en faire un instrument aussi populaire que la DE (on peut rêver). Rien d'élitiste.C'est d'ailleurs la raison d'une présentation systématique plutôt que strictement alphabétique des entrées.

un hommage aussi à notre savoir collectif

Reste enfin la partie "encyclopédique" du projet,et pour moi aussi passionnante que les autres, une "glose"des cultures herbertiennes : fanfics de qualité, films y compris amateurs, bandes dessinées(de Jodo à ce qui se fait ici), iconographie et imagerie vidéo...Sans oublier l'actualité de la pensée herbertienne, son influence littéraire au sein de la SF, ses revivals scientifiques et techniques... Qui est plus compétent que vous ? Depuis des années vous collectez des informations(revue de presse,livres,films,BD,imagerie vidéo),vous travaillez le cycle en concordanciers méticuleux (quizz),vous en faites la glose la plus raffinée qui soit. C'est vous les spécialistes !

Mon idée n'est pas si originale que ça, elle vise comme Anthony Lewis,et plus encore comme les lovecraftiens (oui,j'en suis mortellement jaloux!!) à canaliser la formidable énergie créatrice d'un collectif et à le sublimer dans de vastes chantiers.
N'est-ce pas là l'une des missions de DAR ?

« Modifié: septembre 01, 2008, 09:36:52 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #24 le: août 29, 2008, 08:41:21 am »
A /25 . EXEMPLES ÉTRANGERS


une autre concordance !

Voilà un exemple d'informations propre à nourrir une critique historique, vous remarquerez que l'idée de CONCORDANCE est à la mode....

 "A noter que l?idée de la planète qui détient le monopole d?une substance très recherchée, comme c?est le cas pour Dune, a été inspirée - de son propre aveu - à Frank Herbert par Cordwainer Smith.[...].
Le titre original du Cycle [rédigé par Cordwainer Smith] est "The Rediscovery of Man", c?est-à-dire, "La Rédécouverte / Reconquête de l?Humanité", ce qui fait allusion à la prise de conscience, par les Humains, de leur nature imparfaite et mortelle, [mais le Cycle est plus connu sous le titre des "Seigneurs de l'Instrumentalité"].
Le Cycle se compose de 37 textes, plus ou moins longs, essentiellement des nouvelles, qui se suivent ou se recoupent entre elles et décrivent l?avenir de la Terre sur 15 000 années. L?ensemble constitue un travail époustouflant, dans un style empreint de poésie, proche de celui d?un conteur, toujours en nuances, souvent ironique, l?une des plus belles visions de l?avenir de l?Homme jamais mise sur le papier.[...]
Le quatrième tome regroupe six nouvelles de Cordwainer SMITH ne faisant pas réellement partie du cycle (elles avaient été intégrées dans le premier volume de l?édition Pocket), auxquelles s?ajoute "Concordance", un glossaire/analyse des "Seigneurs de l?Instrumentalité" réalisé par Anthony LEWIS - qui a reçu le prix Hugo pour ce travail inédit en langue française.
"

source : site "le cafard cosmique"


Le Projet Mère de notre ami Sand

Voici un extrait de la déclaration de principe définissant le projet dirigé par SandChigger :
(source:  hairyticksofdune.net)

Concordantia dunensis : The Open Dunes Concordance Project

Why wait for them to do it?

Supposedly, according to the official hagiography promoted in certain quarters, a year was spent on the preparation of a comprehensive concordance.
However, no proof of the existence of this concordance has ever been proffered, so far as we know ... not even a photograph of the computer used to prepare it (we're assuming there) or a floppy or hard disk that holds it, or?gods forbid!?a print-out of some pages of it. (If anyone knows of such proof, please point us to it!) No, we are asked, like the devotees of some new fringe cult, to accept the existence of the thing on faith.
Well ... we don't know about you, but we prefer to believe in what we can see, or take and hold in our hands. And for the present, that leaves only the original books.
There have been noises made from time to time about getting the fabled concordance into shape for publication. After they have finished their other scheduled projects.
So, some of us found ourselves asking the question, "Why wait for them to get around to doing it?" And decided to do it ourselves.
After all, if you want something done and done right, you generally have to do it yourself.

About this project...

Currently our project group consists of about 10 people, most fans more of the originals than of the new.
Our primary working resource is a MediaWiki wiki which is accessible only to project members. Registration as a project member is not automated and is subject to approval by the project/wiki administrator in possible consultation with other project members.
The goal is to create an old-style concordance for every important word in the books (including, eventually, the authorized fanfic which is sometimes referred to as "New Canon").
If you have questions about this project beyond what is explained here, please contact the webmaster of this site.


© 2007 Open Dunes Concordance Project
« Modifié: septembre 01, 2008, 09:35:33 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #25 le: août 29, 2008, 08:51:48 am »

A /26 . EXEMPLE FICTIF (ET DROLATIQUE...) DE CE À QUOI POURRAIT RESSEMBLER UN ARTICLE TYPE



" ANNEAU SIGILLAIRE DU DUC LETO "


Avertissement (Septembre 2008) : à me relire j'en ai presque le tournis, mais ce texte reste représentatif des limites technicistes d'une approche centrée sur l'ordre lexical. Il faut lire ce mauvais texte, en percevoir le bavardage pontifiant et les impasses méthodologiques puis s'engager dans les posts suivants. Les outils y sont inchangés, mais la perspective diamétralement opposée, et oserais-je le dire...moins inhumaine.




1.Indexation

Au Commencement était la machine, avec ses algorithmes, ses listes d'entrées, ses paginations...Bref, l'indexation réalisée, nous voilà devant une longue liste de mots et de renvois à leurs apparitions dans le Cycle (données sous la forme de citations en contexte court, soit 1 phrase ou un membre de phrase ne dépassant pas une ligne, voire moins, c'est à voir...):

...à ce geste, Gurney s'empara de l'anneau sigillaire dont il ressentait avec force l'importance pour tous les Atréides, mais... Dn,XXXIV,12(ed.fr.coll.,vol.1,p.378)

Les apparitions seront classées par ordre chronologique (de Dune à la Maison des Mères, de l'épigraphe I au CXLIIème de Dune).Pas de mention explicite de la VO à ce stade (cf.infra à concaténation).
Cette disposition alphabétique des entrées au sein des articles sera reprise cumulativement (et expurgée des renvois et des citations)dans une première table de consultation. Mais poursuivons le détail de notre article fictif...

2.les joies de la grammaire

La machine nous simplifie considérablement la tâche en faisant elle-même le travail de bénédictin (c'est le cas de le dire ! ) de recherche des associations de termes les plus fréquemment employées (ou récurrences) dans le Cycle.
Ainsi, "anneau" seul fait-il sens ? Ou fait-il "raisonnance"(Leto ;)) avec "sigillaire" ? L'employe-t-on comme métaphore (...zeugma,synecdoque,hypallage,catachrèse ou toute autre figure de métonymie) de la Maison Atréides, et/ou de son principe successoral, et/ou de l'attachement dynastique quasi-tribal de ses hommes liges etc ?
Que nous dit la statistique de ces associations ? "Anneau"précède "sigillaire" à x passages et s'accompagne de l'épithète "ducal" à y reprises, soit z passages reprenant l'ensemble dans sa totalité ,mais on note également un emploi de la forme "anneau ducal" w fois ... Il est donc aisé d'isoler par la statistique une expression récurrente ou de suivre le parcours singulier d'un terme apparemment isolé et anodin.
Mieux que cela, l'analyse sémantique et thématique du lexique aura fait ressortir des correspondances insoupçonnées et des arborescences riches d'enseignement concernant le style, la structuration, et l'évolution dans le temps de la rhétorique herbertienne.

3.l'importance décisive d'une déconstruction compréhensive

Car il ne faut pas se tromper, la syntaxe, la préciosité et l'hermétisme du vocabulaire ne sont que le paravent d'une ambition philosophique qui a souvent du mal à ne pas déborder dans de stupéfiants laïus didactiques. La stylistique chez Herbert est rarement innocente d'une machinerie rhétorique mise au service de sa "vision" philosophique.
Il ne suffit donc pas de compter les apparitions d'une expression, mais d'en faire la chrono-statistique avec ses pics et ses occultations. Et nul n'ignore combien le silence est stratégique chez Herbert. Il est donc impensable de se limiter à une vision lexicométrique d' "anneau sigillaire du duc Leto".Il faut passer de la mathématique des récurrences à l'interprétation des occurences...
Il faut prendre du large et soumettre le texte à une critique externe. C'est-à-dire à une critique qui recherche dans les autres écrits d'Herbert des pistes d'analyse et de problématisation. Je voudrais, à cet égard, revenir sur la présentation qui fut faîte précédemment d'un article-type. Il s'agit là du produit fini, ce qui signifie que la plupart des opérations décrites se font durant la phase de documentation et de rédaction en parallèle plutôt que l'une à la suite de l'autre.Il faut penser en termes de va-et-vient à l'intérieur et à l'extérieur du Cycle, au raz des mots et dans la vastitude des idées.
 Ces dernières n'empêchant pas,par exemple, des incursions dans les archives de forums talifans pour y dégoter des questions inédites que notre analyse seule n'aurait pas soulevées. Car l'essentiel de cette seconde phase est de cribler le texte de questionnements les plus divers et d'en rechercher les réponses à la fois dans le Cycle et dans les textes connexes (dont j'ai précédemment esquissé une possible typologie documentaire).C'est ainsi que peu à peu se décanteront les associations et que nous passerons de plusieurs milliers de termes, alphabétiquement classés, à un nombre limité d'articles collectifs.
Ainsi, pour en rester à notre cas fictif, parler d' "anneau ducal" ne renvoye-t-il pas à tout un arrière-plan symbolique d'idéologie lignagère qui dépasse de loin le seul Léto ou l'attachement filial de Muad'Dib  ? Qu'en dit Herbert dans ses autres écrits ? Faut-il inscrire cet élément dans un topos asimovien assez peu original ou n'est-ce pas le symbole d'une critique féroce , à la Orwell, des débordements de l'allégeance clanique, y compris dans des sociétés démocratiques comme "l' Avalon washingtonien" de l'entourage Kennedy ?
Et, pour en revenir à une critique interne du Cycle, comment ne pas poser la question de ses possesseurs successifs et de l'enjeu qu'il représenta lors de la vendetta avec les Harkonnen, puis ce qu'il en fut après. Comment d'un usage administratif, il acquit très tôt une fonction totémique équivalente au nom dynastique, dont il est d'ailleurs l'instrument juridique de l'authentification des actes de gouvernement.Quel sens donner à ses occultations et à ses retours ? Allers et retours...

4.l'anthologie comme résultat plutôt que comme point de départ

C'est au terme des opérations précédentes, et pas avant, que pourra être proposée une concaténation (rassemblement) de péricopes (extraits donnés en contexte long) donnés en français et en english.
 Ce qui est très différent du florilège abominable, ça va sans dire, mais également du travail littéraire de l'équipe menée par SandChigger sur le wikiquote. Non pas que nous doutions de l'infaillibilité du sacré jugement de notre patriarche bien-aimé (Gloire à Lui !), mais en vermisseaux scientifiques, dénués d'imagination, comment faire autrement que de recourir aux machines non-pensantes ? Étant dans l' incapacité de nous guider seuls dans les plis cosmiques du Dunivers, incapables de saisir avec nos seules intuitions les plans dans les plans, nous y renonçons volontiers en pauvres mentats que nous sommes. Trève de plaisanterie (doucement taquine mais faut-il le rappeller, toujours affectueuse !!!  )
Projets différents donc, dans la méthode comme dans les fins.
Car au-delà se profilent également toutes les gloses sur la symbolique de l'anneau : de la thèse jodorowskienne de la castration à l'influence tolkiennisante sur les fanfics ou les détours et reprises de ce motif littéraire dans la SF ou ailleurs.

PS : chacun aura compris le caractère fantaisiste de ce qui précède, mais la démarche est là.

« Modifié: septembre 01, 2008, 09:33:48 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #26 le: septembre 01, 2008, 09:08:03 am »
A /27 . LA CONCORDANCE EN QUELQUES MOTS . LETTRE À UN RAKIEN


Ce courrier explicatif adressé en réponse à un message privé d'un camarade, témoigne d'une vision encore très technicienne et centrée sur la linguistique, néanmoins affleurent, ici et là, les thèmes qui renouvelleront ce projet en profondeur. C'est à ce titre que je crois utile de vous en faire partager la lecture. La Concordance sous sa forme "2.0" est incontestablement le fruit d'une réflexion collective. Votre réflexion. En voici les premisses.


Cher Toad,

Aurais-je trouvé en ta personne un sérieux compétiteur à la course au post le plus long ?  ;)
Je te remercie pour ton accueil et ton ouverture d'esprit, car je ne doute pas qu'il faille beaucoup de patience pour arriver au terme de mes écrits. La longueur est souvent signe d'une pensée qui se cherche, ou peut être la manifestation d'un esprit maniaque et logomachique. J'avoue relever de ces deux écueils. J'aime m'entendre écrire...alors que mon quotidien est plutôt marqué par le laconisme et le silence. Aussi, comme je vois que tu es bien disposé à mon égard, pardonne mes préciosités de langage et mon caquetage parfois fatiguant.
Tu me demandes, comme bien d'autres, "en quoi ce projet pourrait être utile à la communauté de DAR" ?
Ma réponse est "en quoi pourra-t-il t'être utile" ? La technique ne doit pas faire peur : d'une part, parce qu'elle sera du ressort particulier de ton serviteur et d'un ou deux rakiens rompus à ce genre d'exercice ; de l'autre parce qu'elle ne constitue pas une fin en soi mais un moyen de mieux connaître le Cycle.
Une concordance vise à construire des parallèles thématiques ou sémantiques qu'une simple lecture du Cycle ne suffit pas à mettre en lumière. Par recoupement des récurrences, on obtient un tableau inédit des 6 volumes. Chaque article est l'occasion d'apprécier la langue de l'auteur, ses effets de style mais surtout de réfléchir au sens qu'il a voulu donner à tel événement, le rôle de telle institution, la place et la symbolique de tel personnage dans le dispositif général du Cycle . N'est-ce pas ce que font la plupart des forums duniens ?La différence entre les "Monsieur Jourdain" qui exercent quotidiennement le métier de concordancier sur leurs blogs et ce que je me propose de faire ici tient en deux mots : la rigueur d'un travail méthodique.
Tu me demandes, "de quelle utilité serais-je face à la difficulté de la langue" (VO) ?
Ce que j'ai décrit plus haut est appelée "critique interne" : comprendre un texte uniquement par lui-même, par la recherche de parallèles inédits et l'étude de ses procédés stylistiques et rhétoriques. Pour moi, ce travail est un préalable indispensable, gage du sérieux de l'entreprise. Mais l'essentiel n'est pas là. Un livre ne se suffit pas à lui-même, il a besoin d'être contextualisé : qui est son auteur, par qui a-t-il été influencé - et donc quels parallèles peut-on faire avec d'autres oeuvres -, retrouve-t-on les idées de l'auteur dans d'autres livres ou articles, peut-on y trouver des éléments de clarification absents du livre étudié ? Cette recherche là constitue un saut qualitatif immense par rapport à ce que l'on lit parfois sur le web.
En cela la Concordance, exercice originellement "linguistique", se fait également : dictionnaire historique (exemple : la genèse des religions vue par Herbert et ses maîtres en SF) ; dictionnaire étymologique (la terminologie arabe ou hébraïque) ; dictionnaire littéraire (l'écriture historique de Frank Herbert) ; et dictionnaire philosophique (la critique du providentialisme).

Dernier point, mais non le moins important. La Concordance littéraire doublée d'un Dictionnaire peut également au détour d'un article se faire Encyclopédie de toutes les gloses nées de l'oeuvre d'Herbert...[partie 2, infra]

Dans l'espoir de m'être montré digne de ma petite réputation de verbeux impénitent   ;) , crois-bien que j'attends avec impatience ton intervention sur : "Askaris, ou la nécessité d'être installé confortablement avant de lire ses messages sur le forum"...  ;D

Bien à toi !


« Modifié: septembre 01, 2008, 10:11:47 am par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #27 le: septembre 01, 2008, 09:29:50 am »
B /28 . AVERTISSEMENT CONCERNANT CETTE SECONDE PARTIE
L'héritage des Thèses Duniques (Tentaal)



Cette partie du fil de discussion reprend des éléments auparavant dispersés sous plusieurs rubriques de ce forum . Contrairement à la partie A, relativement homogène dans son propos et son écriture, la présente partie aborde des sujets dont la rédaction s'est étalée pendant plusieurs mois. Les post qui suivent témoignent donc d'une pensée qui s'est cherchée au contact des remarques et désaccords avec les autres Rakiens. De ce fait, l'unité de style et de ton, qui dominait ce topic jusqu'à présent, laisse place à une écriture plus nerveuse, attachée à convaincre, donc parfois répétitive. Mais ces quelques désagréments ne doivent pas faire perdre de vue l'essentiel : en l'espace de 6 mois le projet initial s'est enrichi et profondément renouvelé à votre contact. Je remercie en particulier notre camarade Tentaal et ses efforts réussis pour nous arracher à une lecture parfois trop dogmatique. Lui, Filo, Leto, Schrempf, Anudar, Maverick, Fatman sont les co-auteurs de ce qui suit. Un projet refondu. Il est désormais le projet de TOUS !

« Modifié: septembre 05, 2008, 07:53:17 pm par Askaris »

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #28 le: septembre 02, 2008, 11:15:25 am »

B /29 . IMPASSE DU LITTÉRALISME (1ère partie)


un space opera pour adolescents en mal d'aventures ? ...un livre-univers

Herbert a-t-il écrit Dune à l'intention d'un jeune lectorat adolescent ou étudiant ? En d'autres termes, voulait-il être lu au premier degré ? (Ceci dit avec tout le respect dû à ce segment générationnel). La narration, l'exotisme du récit lui paraissaient-ils plus importants que la dystopie et les références aux enjeux de notre monde contemporain ? Réponse : NON. La masse d'affirmations de l'auteur qui contredisent cette vision du rapport au Cycle est absolument sans équivoque. Non pas que Frank Herbert ait jamais dédaigné et encore moins méprisé ses jeunes lecteurs.Mais si une lecture au premier degré ( à la soap/space opera) est fort possible, et très agréable, elle ne doit jamais faire oublier que Frank Herbert avait d'autres ambitions que les bahuts,campus et autres hall de gare...

Herbert s'est peu expliqué sur son oeuvre mais le peu qu'il en a dit, et il en a dit, tend à démontrer que son texte appelle une herméneutique un minimum exigeante. En d'autres termes, il n'a jamais eu pour projet d'être un auteur de Sci-fi pour ados comme les autres . Il s'est toujours réclamé de la grande littérature, et à l'instar de Cordwainer Smith (ou à un moindre degré Asimov) a nourri très tôt l'ambition de construire une oeuvre encyclopédique au fait des recherches en anti-psychiatrie, en sociobiologie, linguistique sociale, histoire comparée.....Un livre-univers.

interpréter, c'est trahir ? légitimité de l'analyse académique


Interpréter n'est-ce pas trahir ? Ne risque-t-on pas de faire dire au Cycle ce qui en définitive n'appartient qu'à nous ? Le vertige logomachique ne guette-t-il pas toute tentative d'interprétation ? Pas nécessairement. Partir du solide, du roc, de FH lui-même puis ensuite, et seulement ensuite, dévaler la pente escarpée de l'interprétation, des analogies et des parallèles, voilà un chemin de bon sens. Renoncez à cela, renoncez aussitôt à comprendre les grandes oeuvres d'art qui encombrent nos musées ou nos oeuvres littéraires qui prennent la poussière sur les travées des bibliothèques.

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Re : CONCORDANCE Septembre 2008
« Réponse #29 le: septembre 02, 2008, 11:18:47 am »

B /30 . IMPASSE DU LITTÉRALISME (2ème partie)


 40 ans d'écriture, de recherches, de réflexion : pourquoi se priver de comprendre un tel homme ? Un peu comme si on s'interdisait de retrouver les lectures et les rencontres qui ont aidé Verne à développer son étonnante "prescience".Un peu comme si on s'interdisait d'analyser l'environnement culturel qui a donné naissance à ce génie si prodigieusement moderne qu'était Léonard de Vinci. Oui messieurs, on peut tout s'interdire. On peut délirer sur le Da Vinci Code et croire que Jésus venait de Mars...
On peut aussi faire crédit à Herbert que les néologismes, les archaïsmes, les jeux d'écriture, la complexité de ses trames dramatiques,la profondeur de ses concepts ...ne sont pas le fruit d'un vulgaire hasard. Il l'a dit lui-même. Ses amis l'ont dit et répété. Son fils, l'expert en scenarii hollywoodiens, l'a reconnu également...même s'il est manifeste que ce soi-disant "héritier" n'a jamais réussi à le comprendre (le pastiche formellement le plus abouti n'étant jamais qu'une copie plus ou moins habile...). L'écriture d'Herbert est donc tout sauf transparente, et se donner les moyens de la comprendre n'est pas un luxe si extravaguant que ça. Les quelques éditions critiques de Vance, Tolkien ou Lovecraft montrent que ce n'est pas l'apanage de la "grande" littérature.

impasse du littéralisme

La critique interne et l'externe ne sont-elles pas les deux jambes sur lesquelles une appréciation mesurée pourra se construire ? Une lecture littérale, chapitre après chapitre, peut-elle nous garantir une réelle compréhension du Cycle ? Souvenons-nous de ce qu'en disait Gérard Klein.
Cette compréhension littérale du grand public n'est pas illégitime, mais  il y a nécessité, dans un premier temps, de la mettre de côté, car à vouloir "comprendre" par le texte seul, se pose le  risque de projeter sur lui ses propres fantasmes, sa sensibilité, ses référents culturels...bref ce qu'on peut ou veut comprendre de lui. Dire cela n'est pas rejeter la littéralité, mais simplement se souvenir qu'elle est une manière d'aborder le Cycle parmi tant d'autres....